Intimidation à l’école : le projet de loi doit être revu, croit un syndicat d’enseignants

Pieuvre.ca

La ministre de l’Éducation Line Beauchamp gagnerait à bonifier son projet de loi sur l’intimidation à l’école, affirme la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui présentait plus tôt cette semaine son propre mémoire sur le projet en question, dans le cadre des consultations particulières organisées en lien avec l’étude du projet de loi no 56.

Dans son mémoire, la FAE rappelle que le Plan d’action pour prévenir et traiter la violence à l’école dévoilé en avril 2008 par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) n’avait pas donné de résultats tangibles.

Une étude de la FAE présentée au printemps 2010 témoignait de l’inefficacité des actions gouvernementales en matière de prévention et de traitement de la violence à l’école, particulièrement à l’endroit des enseignantes et enseignants, dont 85 pour cent disaient avoir déjà été victimes de violence psychologique et 50 pour cent de violence physique au cours de leur carrière. Ce qui avait incité la FAE à lancer sa propre campagne de sensibilisation Touche pas à mon prof dans les écoles.

Dans ce contexte, la FAE accueille donc favorablement les intentions qui gouvernent le projet de loi no 56, déposé en février par la ministre Line Beauchamp. S’exprimant par voie de communiqué, la FAE dit voir ce projet de loi comme un élément important, mais non unique, de la mise en œuvre d’une stratégie gouvernementale de lutte contre l’intimidation et la violence à l’école. Le projet de loi définit de nouvelles obligations et attribue de nouveaux pouvoirs à l’ensemble des acteurs et intervenants du réseau scolaire et prévoit une série de mesures et de mécanismes de prévention, d’intervention et de suivi locaux et régionaux. Toutefois, la FAE croit que ce projet de loi gagnerait à être enrichi et modifié à plusieurs égards, notamment quant aux protections et encadrements touchant les enseignantes et enseignants et quant aux rôles et pouvoirs du directeur d’établissement, de la commission scolaire et du ministre. La FAE craint également que les secteurs de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle, en particulier, ne soient oubliés par les mesures prévues par le projet de loi. La FAE s’étonne enfin qu’aucune disposition ne soit prévue pour renforcer concrètement les pouvoirs et la capacité d’intervention de la commission scolaire.

La FAE indique exiger du gouvernement l’ajout de ressources en vue de permettre la coordination, le suivi et la formation nécessaires à la mise en place et au suivi des plans d’action locaux de même que pour soutenir les différents acteurs visés par le projet de loi. « Si le projet de loi no 56 traduit une intention réelle de la ministre de s’attaquer à l’intimidation et à la violence à l’école, ce dossier ne pourra se réaliser convenablement sans ajout substantiel de ressources au réseau public », mentionne la fédération.

Dans la catégorie: Politique et Économie

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