Inspection des automobiles : sortie en règle contre l’association des automobilistes

Pieuvre.ca

L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) s’en est violemment pris, jeudi, à l’Association pour la protection des automobilistes (APA), à propos de l’opposition de cette dernière au projet de loi 48, qui rendrait obligatoire l’inspection des véhicules usagés. S’il était adopté par l’Assemblée nationale, ce projet instaurerait une vérification des véhicules d’occasion pour s’assurer que ceux-ci respectent les normes environnementales en vigueur.

Mercredi, rapporte La Presse Canadienne, l’APA était ainsi montée aux barricades pour dénoncer ce projet de loi, associant ce dernier à un gaspillage d’argent qui ne permettrait pas d’améliorer la qualité de l’air. Queen’s Park, là où est installée la législature ontarienne, a mis en place un programme similaire il y a quelques années, et les voitures inspectées qui auraient échoué à l’analyse des gaz d’échappements ne dépasseraient pas le seuil du cinq pour cent, avance-t-on chez l’APA. Du côté du gouvernement ontarien, on faisait plutôt état de 10,7 pour cent d’échec, précise La Presse Canadienne.

Tout cela faisait dire à George Iny, le président de l’APA, à vérifier des véhicules en règle, faisant du même coup assumer le coût de l’inspection par l’automobiliste.

Du côté de l’AQLPA, on livre une charge à fond de train contre les « arguments fallacieux » derrière lesquels M. Iny « se cache » pour rejeter toute mesure de contrôle des émissions. Le président de l’AQLPA, André Bélisle, parle d’ailleurs d’une « campagne de désinformation au sujet du projet de loi 48 menée dans son éditorial de l’édition d’avril du magazine Protégez-vous, en utilisant une fois de plus des chiffres erronés et en faisant valoir une position qui ne représente pas celle de l’ensemble des automobilistes du Québec ».

Pour l’AQLPA, M. Iny fait preuve de malhonnêteté intellectuelle, d’autant plus qu’une bonne majorité d’automobilistes appuient le projet de loi 48, selon des enquêtes du CAA et de Léger Marketing.

L’organisme rappelle également par voie de communiqué que 38 pays, 40 États américains, ainsi que l’Ontario et la Colombie-Britannique, disposent d’un programme d’inspection du même type, mais beaucoup plus sévère que ce que prévoit le projet de loi québécois.

D’autre part, mentionne l’AQLPA, « il faut être aveugle pour ne pas constater les bénéfices environnementaux des programmes d’inspection mis en place à travers le monde, certains dès les années 70, comme en Californie. En Colombie-Britannique, selon les chiffres du gouvernement provincial, le programme Air Care a permis de réduire de 33 pour cent les émissions polluantes des véhicules légers depuis vingt ans. Du côté de l’Ontario les responsables évaluent la réduction à 35 pour cent pour l’année 2008″.

L’AQLPA conclut enfin sa déclaration en qualifiant d’irresponsable l’attitude de M. Iny, l’accusant de faire reculer le Québec, « la dernière juridiction d’importance en Amérique du nord à ne pas avoir réglementé les émissions polluantes des véhicules légers ».

Dans la catégorie: Science et Environnement

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