Appel à l’unité pour sauvegarder les Grands lacs
Pieuvre.ca
Un titanesque projet de réaménagement urbain en bordure des Grands lacs bénéficiera finalement d’un appui autant américain que canadien. Le cabinet d’urbanisme SOM a ainsi annoncé, mercredi, l’appui de 86 municipalités, villes et métropoles du pays ou du sud de la frontière à un appel pour une vision unifiée du développement urbain de cette région pour les 100 prochaines années.
Parlant d’une redéfinition radicale de l’échelle contextuelle de la planification urbaine, l’entreprise estime qu’il est impératif de planifier dès à présent l’explosion de croissance démographique vers laquelle se dirige la planète, le tout dans des cadres écologiques de taille de plus en plus importante.
Le vaste bassin binational des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent – contenant plus de 20 pour cent de l’eau douce de surface de plus en plus précieuse du globe et alimentant une population de 50 millions de personnes – est ainsi ciblé comme première région à propos de laquelle les administrations fédérales, provinciales et municipales canadiennes et américaines doivent s’entendre pour préserver une ressource non renouvelable, mais pourtant essentiel non seulement pour le transport, l’activité commerciale et l’agriculture, mais également pour l’alimentation de quantité de villes en eau potable, une denrée qui se raréfie à l’échelle planétaire.
« Le pionnier de la planification urbaine Daniel Burnham a vu cela il y a un siècle et a dessiné son Plan de Chicago de 1909 dans le contexte de l’ensemble de la mer d’eau douce du lac Michigan – d’une superficie de 50 000 kilomètres carrés. Il est encourageant de constater que notre appel pro bono à une vision partagée pour les Grands Lacs est accueilli avec enthousiasme dans toute cette mégalopole nord-américaine », a déclaré Philip Enquist, partenaire de SOM responsable du design urbain.
Endossée par 86 maires américains et canadiens, honorée par l’American Institute of Architects, ayant de plus été la présentation-programme de congrès internationaux, l’initiative bénévole du studio de design urbain de SOM – commencée en 2009 comme sa contribution au centenaire du Plan Burnham - vise à aider à catalyser une vision régionale partagée parmi les gouvernements nationaux, tribaux, provinciaux et locaux, les écologistes, les experts juridiques, les chefs de file en politiques publiques, les médias et le public.
L’appel à la vision de SOM, indique-t-on par voie de communiqué, cherche à renverser la dégradation écologique dans tout le bassin défini par la côte de 11 000 milles des Grands Lacs et du Saint-Laurent et à revitaliser son économie régionale de 2 trillions de dollars US, parfois appelée « le berceau de l’économie du carbone ».
Lors d’une présentation au récent symposium de la Seventh Circuit Bar Association Foundation sur les Grands Lacs au Musée Field de Chicago, M. Enquist a demandé à son auditoire canadien et américain de « stopper dès maintenant la dégradation de cet environnement unique en repensant le design de nos villes, nos sources d’énergie et nos pratiques agricoles », ajoutant plus tard l’appui de son studio à la Journée internationale de l’Eau des Nations Unies le 22 mars.
Il a par ailleurs encouragé son auditoire de chefs de file gouvernementaux, en droit et en politiques publiques à considérer la région comme un tout interconnecté – « sans frontières » entre ses nations, ses états, ses réserves de Premières Nations et réserves tribales et ses 15 000 municipalités.
Dans la catégorie: Science et Environnement
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