Appel impératif à une réforme du marché du carbone
Pieuvre.ca
Il est urgent de modifier le marché mondial du carbone mis sur pied par les Nations unies, estime une nouvelle étude rendue publique lundi par l’Economic and Social Reserach Council (ESRC). Selon l’organisme, ce marché serait trop souvent prompt à se révéler incapable de protéger les peuples dépendants d’une réduction des émissions polluantes et à soutenir leurs projets en ce sens.
Les résultats de l’étude sont publiés alors que l’ONU, qui a désigné 2012 comme l’année internationale de l’énergie renouvelable pour tous, entame un dialogue sur des politiques publiques entourant son mécanisme de développement propre, en vertu duquel les entreprises reçoivent des crédits échangeables s’ils paient d’autres compagnies pour réduire leurs émissions polluantes.
Ce mécanisme est conçu pour aider à financer des projets permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de permettre aux pays pauvres mettant sur pied des projets de développement de bénéficier des avantages financiers qui découlent de la vente de ces crédits.
Au dire du professeur Peter Newell, de l’Université du Sussex, les objectifs du mécanisme sont toutefois rendus plus difficiles à atteindre en raison de la mauvaise gouvernance politique et des intérêts de certains groupes de pression, particulièrement dans le secteur de l’énergie. « Nous avons trouvé un lien solide entre les personnes prenant les décisions à propos des projets bénéficiant du mécanisme onusien et les personnes qui en bénéficient », déclare-t-il.
« Il y a un véritable danger pour que le mécanisme de développement propre puisse devenir un « club des gens riches » pour les développeurs de projets, les vérificateurs d’émissions et les responsables gouvernementaux dans les cas où ces rôles se recoupent et qu’il y a un manque de transparence. »
En vertu du mécanisme, les projets qui permettent de réduire les émissions polluantes dans les pays en développement peuvent donner l’occasion d’obtenir des crédits qui sont alors vendus aux pays industrialisés. Les acheteurs les utilisent alors pour atteindre une partie de leurs cibles de réduction établies en vertu du Protocole de Kyoto.
Les détracteurs du programme estiment toutefois que plusieurs projets obtenant des crédits ne correspondent que peu ou pas à de véritables efforts pour réduire les émissions polluantes. Ils affirment également que les nations industrialisées devraient en faire plus pour réduire leurs émissions, plutôt que d’acheter des « droits de polluer » auprès des pays en développement.
« Nous devons réformer le mécanisme de développement propre le plus tôt possible pour que le programme en fasse davantage pour diriger les investissements vers des projets qui feront une véritable différence », plaide le professeur Newell. Notre recherche démontre que nous devons impliquer davantage les communautés locales dans la prise de décision, établir des institutions de gouvernance plus solides et coordonner les finances du mécanisme avec d’autres fonds de développement présents dans le domaine des changements climatiques. Nous avons surtout besoin de changements politiques plus importants. Les barrières empêchant la promotion d’une énergie propre ne peuvent pas être renversées par le seul marché du carbone. »
Dans la catégorie: Science et Environnement
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Au vue des derniers échanges sur les marchés climatique on ne peut pas dire que quelqu’un paye.. c’est le vide total..