Budget provincial : les garderies se manifestent
Stéphanie DESCHAMPS
Le facteur en avait lourd à porter, mardi dernier. Suite aux négociations qu’ils ont eues avec des parents, éducatrices et propriétaires de garderies privées non subventionnées, les ministres et les députés ont reçu de leur part des milliers de lettres leur rappelant de ne pas les oublier dans le prochain budget.
Depuis le 28 octobre 2011, la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec est en négociation avec la ministre de la Famille, Yolande James, réclamant l’équité des places pour tous dans les garderies québécoises. « Pourquoi les parents qui entrent dans les garderies privées non subventionnées doivent débourser le plein tarif pour son service de garde et en plus, par le biais de leurs impôts, doivent payer pour le réseau des services de garde à contribution réduite ? », se questionne la Coalition.
Rappelons que le 24 octobre, la ministre James avait lancé un appel de projets pour l’attribution de 15 000 nouvelles places en services de garde subventionnés qui s’échelonnerait de 2012 à 2016. Cette annonce n’a toutefois pas fait l’envie de tous et a même été perçue comme une menace pour la survie des garderies privées du Québec pour certains. « Le 24 février 2012 [date limite pour l’appel de projet] est une date qui fait craindre plusieurs propriétaires de garderies privées non subventionnées. Avec ces nouvelles places, les installations privées sont menacées de fermeture; dénoncent aujourd’hui les représentants de la Coalition. Le ministère de la Famille et des Aînés (MFA), en créant ces places, imposera une concurrence déloyale envers les garderies privées non subventionnées. De nouvelles installations seront construites dans leur voisinage avec des coûts de sept dollars par jour, et ce, même si leurs garderies sont occupées en moyenne à seulement 65 pour cent. Nous craignons donc que les enfants de ces garderies privées non subventionnées soient déplacés vers ces nouvelles garderies qui offriront un tarif inférieur », poursuivent-ils.
Ainsi, selon ces derniers, le MFA doit faire une révision de son système en matière de financement des services de garde afin d’assurer une équité auprès des familles québécoises. « Plutôt que de prendre de quatre à cinq ans pour développer de nouvelles places à 7$, ce qui coûterait des milliards de dollars aux contribuables, la Coalition a opté pour d’autres propositions qui avantageraient toutes les familles. Elle les a ensuite présenté à trois ministères, soit celui de la Famille et des Aînés, celui des Finances et celui du Revenu. Notre but premier est de conserver une qualité dans nos services et surtout de respecter nos éducatrices, nos parents et nos enfants. Pour ce faire, nous devons agir rapidement sinon une centaine de garderies privées non subventionnées devront fermer », conclu la Coalition.
En tout, ce sont plus de 50 000 parents, 4 000 éducatrices et 500 propriétaires de garderies privées non subventionnées qui se disent prêts à se faire entendre par la ministre.
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