L’urbanisation de la Chine amène son lot de problèmes de santé publique
Pieuvre.ca
Alors que les villes chinoises poussent comme des champignons, résultat d’une migration massive des paysans vers les environnements urbains de l’Empire du Milieu, et d’une politique de construction effrénée pour stimuler le marché immobilier et la croissance économique, de plus en plus de chercheurs s’inquiètent des impacts d’une trop rapide migration des populations vers les villes sur le système de santé du pays.
Dans un texte publié dans la revue The Lancet, Justin Remais, de la Rollins School of Public Health à l’Université d’Atlanta, et ses collègues affirment que bien qu’il existe des avantages à l’urbanisation de la Chine, comme un meilleur accès aux services et des salaires plus élevés en zones urbaines, les risques pour la santé de la population, migrants compris, sont importants.
L’un de ces dangers est que ces migrants tombent justement dans une zone grise où la couverture du système médical est parcellaire, voire inexistante. Selon les auteurs de l’article, l’absence de couverture médicale continue pour les migrants passant des zones rurales aux zones urbaines leur fait courir des risques sanitaires potentiellement doubles. « Les migrants peuvent ainsi être exposés à des virus et des microbes associés à la pauvreté rurale, comme des maladies transmises par le sol, ainsi qu’à des maladies associés aux environnements urbains très peuplés, comme la tuberculose. »
En plus des maladies infectieuses, le changement rapide de style de vie comporte également des dangers en termes de maladies chroniques. « L’urbanisation a mené à des changements dans les routines liées à l’activité humaine, dans le régime alimentaire et dans les structures sociales de la Chine, avec des impacts très importants pour des maladies non transmissibles comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, le cancer et les maladies neuro-psychiatriques », mentionnent les auteurs. La population chinoise urbaine, après sa rapide croissance de 191 millions de personnes en 1980 à 622 millions de personnes en 2009, souffre donc des mêmes maladies qui affligent les citoyens occidentaux, ces derniers habitant majoritairement dans les villes depuis près de trois quarts de siècle.
Parmi les autres liens de cause à effet déjà observés en occident, on note la hausse de la pollution environnementale au fur et à mesure que la population augmente, entre autres dû à une croissance du nombre de voitures sur les routes. Même le trafic routier, avec ses accidents, représente un autre risque médical majeur pour les migrants.
Selon les auteurs, toutefois, il est possible de redresser la situation, en implantant, entre autres, des « politiques innovantes en matière de santé publique qui tiennent compte des besoins des nouveaux résidants urbains tout en offrant des soins de santé aux gens demeurant dans les campagnes ». « Les réseaux de soins médicaux doivent prendre en compte les risques sanitaires doubles pour les population migrantes », ajoutent les auteurs.
« Bien que la rapide croissance économique chinoise au cours des deux dernières décennies aient apporté plusieurs bienfaits, augmenté les salaires et permis à des centaines de millions de personnes d’échapper à la pauvreté, les conséquences négatives en matière de soins de santé de l’urbanisation posent d’importants problèmes en termes de politiques publiques et menacent d’augmenter la pression sur un système de santé national déjà très en demande », concluent-ils.
Dans la catégorie: À la une • Société
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