Décrochage scolaire – Il ne faut pas négliger les filles, soutient la FAE

Pieuvre.ca

Les garçons ne sont pas les seuls à éprouver de la difficulté sur les bancs d’école. La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a publié mardi les résultats d’une étude sur le décrochage scolaire des filles afin d’apporter un éclairage nouveau sur les causes inhérentes à l’abandon des études et ses conséquences, et les résultats démontrent que si le décrochage est moins répandu chez les filles, il est toutefois important, et il serait dangereux de l’occulter.

Cette recherche, précise la FAE par voie de communiqué, trace un portrait de la situation des décrocheuses et pourra aider à répondre à plusieurs interrogations dont : est-ce un phénomène aussi marginal que certains le prétendent? Les causes du décrochage scolaire des filles diffèrent-elles de celles des garçons? Les conséquences économiques sont-elles les mêmes pour une décrocheuse que pour un décrocheur? Comment peut-on soutenir les décrocheuses pour qu’elles raccrochent?

L’étude, réalisée par Isabelle Marchand, doctorante en service social de l’Université de Montréal, a été lancée par la FAE en collaboration avec Relais-femmes. S’attarder au décrochage féminine, mentionne la fédération, devrait permettre de mieux saisir le phénomène dans son ensemble.

Pour mieux expliquer le côté moins marginal que prévu du décrochage chez les filles, l’étude explique que le ministère de l’Éducation s’appuie, entre autres, sur le pourcentage de jeunes de 19 ans sans diplôme d’études secondaires. On constate, dans ce cas, un écart de neuf pour cent entre les filles et les garçons. Pour analyser le taux d’abandon entre les garçons et les filles, la chercheuse a utilisé les barèmes du Canada et de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), c’est-à-dire l’absence de diplôme à 24 ans. Cela a pour effet de ramener l’écart initial de neuf pour cent entre les garçons et les filles à moins de quatre pour cent. Cette donnée, avance Mme Marchand, rend le phénomène davantage comparable et permet d’affirmer que le décrochage scolaire des filles n’est pas aussi marginal qu’on le laisse croire.

«L’idée ici n’est pas d’atténuer les effets négatifs bien réels de ce phénomène chez les garçons. Cependant, il faut reconnaître que socialement, politiquement et médiatiquement on met beaucoup d’emphase et d’insistance à parler du décrochage des garçons au point de passer totalement sous silence la situation des filles. Il y a là un véritable problème», de déclarer Pierre St-Germain, président de la FAE.

Si l’origine sociale est, et demeure, le premier facteur agissant sur la réussite, tant pour les garçons que pour les filles, deux facteurs spécifiques peuvent amener les filles à décrocher.

Le premier facteur a trait à des difficultés reliées à l’adversité familiale (contraintes ou violence). Ces conditions familiales difficiles auraient plus d’incidence sur le décrochage des filles que sur celui des garçons, mentionne le rapport. Elles demeurent également les premières victimes de violence ou d’inceste. De plus, les filles doivent assumer une plus grande part de responsabilités dans la sphère domestique en raison d’une culture qui continue à leur reléguer certaines tâches ou comme aidante naturelle, ajoute le document. « Il existe donc des problèmes vécus par les filles qui sont moins évidents dans une classe, qui attirent moins l’attention, mais qui mènent quand même au décrochage. Or, ces réalités passent totalement sous l’écran radar des mesures de prévention du décrochage. »

Le second facteur concerne les difficultés d’apprentissage. Si ces difficultés ne sont pas l’apanage des filles, l’absence de soutien parental serait plus déterminante pour elles que pour les garçons. L’étude révèle que pour 77 pour cent des répondantes, la mère n’avait pas obtenu un diplôme d’études secondaires. En d’autres termes, dans la plupart des cas, les décrocheuses ont des mères peu scolarisées qui ont de la difficulté à apporter de l’aide durant le parcours scolaire. Ce n’est donc pas parce que ces dernières refusent d’apporter du soutien à leurs enfants, mais souvent, elles ne peuvent tout simplement pas le faire, précise-t-on. D’ailleurs, l’incidence de la scolarisation de la mère sur la réussite scolaire est déjà connue du ministère de l’Éducation, affirme la FAE.

«À des causes spécifiques, il faut répondre par des solutions spécifiques. On ne peut plus mener la lutte au décrochage en se préoccupant uniquement des garçons. Actuellement, on cible des mesures qui ont tendance à s’adresser prioritairement aux garçons. Par exemple, on investit beaucoup dans le sport ou on développe des programmes scolaires en fonction des intérêts dits masculins. Les filles ont des besoins particuliers qui doivent être pris en compte», ajoute M St-Germain.

Dans la catégorie: Non classé

Mots-clef: , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Répondez




Afin d'ajouter une photo à vos commentaires, veuillez obtenir un identifiant Gravatar.