Les étudiants feront du bénévolat entre deux piquets de grève, promettent la FECQ et la FEUQ
Pieuvre.ca
Les deux principales fédérations étudiantes du Québec, la FECQ (collégial) et la FEUQ (universitaire) ont annoncé lundi que leurs membres profiteraient de la grève déclenchée en protestation contre la hausse des frais de scolarité décidée par le gouvernement libéral pour s’impliquer également dans la communauté, en offrant, entre autres, d’effectuer des travaux pour le bénéfice des personnes âgées et des des populations défavorisées.
Cette décision, révélée devant le Collège Rosemont, à Montréal, où les étudiants sont en débrayage, tranche quelque peu avec le ton adopté dimanche, alors que les fédérations étudiantes et la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante – la CLASSE, particulièrement à l’avant-plan médiatique depuis le début du mouvement de grève – promettaient d’intensifier leurs actions contre le gouvernement, et plus précisément contre la ministre de l’Éducation Line Beauchamp.
Au dire de Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ, les étudiants en grève ne « chômeront pas », et entreprendront tout de même une série d’actions visant les libéraux. Une manifestation pan-québécoise est d’ailleurs prévue pour le 22 mars à Montréal, les associations étudiantes comptant sur les plus de 123 000 étudiants en grève pour frapper un grand coup et forcer l’État à s’asseoir à la table des négociations. D’ici-là, d’ailleurs, d’autres événements sont prévus, un peu partout en province.
« Que ce soit par des collectes de fonds pour des organismes qui viennent en soutien aux populations défavorisées, en offrant gratuitement des cours à la population ou bien par le ramassage des ordures dans un parc, les étudiants profiteront de la grève pour s’impliquer concrètement dans leur communauté », ont mentionné la FECQ et la FEUQ par voie de communiqué.
Les fédérations étudiantes ont par ailleurs déposé un mémoire auprès du gouvernement pour inviter celui-ci à « faire du Québec une société plus juste et égalitaire entre les générations ».
Articulé autour de 21 propositions, le mémoire des étudiants recommande tout d’abord de geler les frais de scolarité et d’améliorer l’Aide financière aux études (AFE), deux conditions « qui amélioreront directement les conditions financières des familles à faibles et à moyens revenus », précise le document.
L’amélioration du processus de reddition de compte des universités est aussi proposée, en plus de l’abolition de la taxe santé, la création d’une taxe sur les biens de luxe, ainsi que l’introduction d’un quatrième palier d’imposition pour les revenus imposables de plus de 127 000 dollars D’autres recommandations comme l’abolition des crédits d’impôt et des congés fiscaux pour les entreprises, un impôt minimum sur le revenu net de ces dernières ainsi que d’assurer que les Québécois reçoivent leur juste part de l’exploitation de leurs ressources naturelles « sont des mesures qui assureront aux générations futures un avenir meilleur ». Une grande partie de ses recommandations est défendue aussi par l’Alliance sociale, ajoute-t-on.
Le mémoire complet, qui a été publié an août dernier, est disponible en ligne.
Dans la catégorie: Politique et Économie
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