Chaleur et ambiance latine avec Florence K

Valérie CARRIÈRE

Premier mars. Alors que le printemps nous semble si proche, l’hiver nous prouve qu’il n’a pas dit son dernier mot en nous envoyant une petite bordée de neige. Fort heureusement, Florence K offrait un spectacle ce soir-là au Centre Segal ; ses chauds rythmes cubains aux touches jazz / blues nous ont fait oublier pendant quelques instants la neige, la pelle et le froid.

Florence K est arrivée dans la salle, habillée sobrement d’une belle robe noire et juchée sur des escarpins vertigineux. Après avoir salué la foule, elle s’est installée à son piano et la soirée pouvait enfin débuter!

Le Centre Segal est une petite salle intime, sise dans le quartier Côte-des-Neiges et le public présent était majoritairement anglophone. Si Sugar Sammy se targue de faire un spectacle bilingue, Florence K peut se vanter d’offrir une prestation trilingue ( anglais, français, espagnol ) autant dans les paroles de ses chansons que lorsque vient le temps de s’adresser au public. Elle passe facilement d’une langue à l’autre, parfois dans la même phrase, avec une facilité déconcertante, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.

La jeune femme baigne dans l’univers artistique depuis sa tendre enfance ; sa mère est la soprano Nathalie Choquette (qui était d’ailleurs présente pour applaudir sa fille) et son père est le musicien d’origine libanaise Hani Khoriaty. Elle a beaucoup voyagé et sa musique est grandement influencée par les rythmes du monde. Ce n’est pas pour rien que le Centre Segal l’a choisi comme une de ses têtes d’affiche pour sa série musicale femmes du monde.

Accompagnée d’un percussionniste et d’un contrebassiste, cette formule de spectacle unplugged plaisait particulièrement à l’interprète. Elle nous a lancé à la blague qu’elle avait l’impression de nous recevoir dans son immense salon ou il y heureusement beaucoup de sofas.

Pendant une heure trente, Florence K nous a offert des chansons provenant principalement de ses deux premiers albums. De son premier CD Bossa Blue : Vol de nuit, Las calles del sur, Chéri et It’s no use, superbement « allongée » par un solo de piano endiablé. Issues de La historia de Lola, nous avons eu droit à la chanson titre, mais aussi à Such a shame et I’d rather go blind, une reprise de la grande dame du jazz Etta James.

Même si à première vue, la majorité des gens présents ne semblaient pas être le public cible de Florence K ( lire anglophones et assez âgés ) tout le monde a passé un bon moment. Comment résister à l’envie de taper du pied ou de se trémousser ( plus ou moins ) discrètement sur notre banc à l’écoute d’une musique si entraînante ?

La pièce Love me or leave me, chanson datant des années 1920 et interprétée par plusieurs grands noms du jazz, a clos le concert de Florence K. Une chose est sûre : personne ne voulait partir et on avait tous envie d’aimer encore et encore la belle Florence.

Dans la catégorie: Culturel

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