L’Europe électronique version lounge avec Le Danse, de Slove

Hugo PRÉVOST

Lancer l’écoute du disque Le danse, du duo franco-suédois Slove, c’est un peu comme pénétrer au chic Plateau lounge de l’Hôtel W, dans le Quartier des affaires de Montréal. Les sonorités sont riches, puissantes, avec un certain vernis de respectabilité, mais derrière cette façade se trouve un univers de plus en plus sensuel et animal au fur et à mesure que la nuit avance.

Léo Hellden et Julien Barthe donnent ainsi dans un électro-rock ennivrant. Le disque lancé en octobre dernier sur le Vieux Continent vient tout juste de franchir l’Atlantique pour atterrir en terre nord-américaine, et l’ensemble devrait plaire aux amateurs du genre.

Les musicophiles québécois reconnaîtront immédiatement l’utilisation poussée des guitares électriques et de la basse dans la composition sonore, une technique déjà employée par DJ Champion – et maintenant Champion tout court. Le résultat de Le Danse est toutefois moins électro, pour donner plutôt un résultat plus brut, plus animal.

Si les premières notes de la piste no 1, piste éponyme d’ailleurs, laisse quelque peu de marbre, on se prend machinalement à se renfoncer dans son siège, le corps bercé par la mélodie entêtante, avec l’impression de flotter sur une mer sombre doucement ballotée par les accords de guitare. Le tout atteint une sorte d’apothéose à la quatrième chanson, superbe Flash chantée par une Sarah Krebs à la voix magnifique.

On retrouve également, par la suite, un terrain musical connu, avec l’ombre d’influences des grands noms de l’électronique européen, un style dénudé à la Daft Punk – époque Homework et ressemblant également aux notes du premier album de Digitalism.

Le temps d’un interlude mélodique avec DMGM, et on repart pour un tour avec My Pop. Cette fois, le lounge s’est transformé en piste de danse, et on imagine très bien Slove faire trembler les fondations de la SAT, boulevard Saint-Laurent, devant une foule déchaînée dans le cadre du festival Mutek.

Arrive ensuite Carte postale, avec ses riffs de guitare et sa chanteuse à la voix blasée. La chanson claque comme une gifle, s’inscrit à contre-courant des normes habituelles avec une mélodie minimaliste et des paroles omniprésentes mais à la signification qui nous échappe.

Slove conclut son disque avec deux pièces tripatives, réservées à la fin de soirée, alors que l’adrénaline se dissipe et que les derniers danseurs quittent la piste pour rentrer chez eux après une nuit de débauche. Une finale relaxante, avec juste la petite pointe d’énergie nécessaire en fin de parcours pour rappeler le rythme endiablé du reste de l’album.

Slove est présentement en tournée en Europe; ne reste qu’à espérer qu’ils fassent un petit détour transatlantique par Montréal…

Dans la catégorie: Culturel

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