Des médicaments… sous la peau

Pieuvre.ca

Imaginez un monde où les médicaments n’auraient plus besoin d’être administrés avec un cathéter, une seringue, ou tout simplement par voie orale. Un monde où les diabétiques et autres personnes devant prendre des médicaments à heures fixes n’auraient plus à craindre de rater l’heure de leur dose. Deux professeurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont ainsi testé avec succès, après 15 ans de développement, une puce sous-cutanée capable de diffuser un médicament contre l’ostéoporose sans passer par une injection.

Les résultats de ces tests, publiés jeudi dans la version numérique de la publication Science Translational Medicine, représentent le premier essai concluant d’un tel micro-appareil et pourraient, estime le coauteur Robert Langer, paver la voie vers une nouvelle ère de télémédecine, soit l’octroi de soins médicaux à distance.

Selon le Dr Langer, il est désormais possible de donner des doses de médicament à distance, voire même de programmer une puce pour lui permettre de diffuser plusieurs remèdes. « Vous pouvez véritablement avoir une armoire à pharmacie sur une puce », dit-il.

Lors de cette étude, les chercheurs ont utilisé les implants programmables pour donner des doses de médicaments contre l’ostéoporose à sept femmes âgées de 65 à 70 ans. Selon les résultats, les appareils ont permis de donner des doses semblables aux injections, le tout sans effets secondaires nuisibles.

Ces puces, soutiennent les chercheurs, pourraient changer radicalement les traitements contre l’ostéoporose, certes, mais également de nombreuses autres maladies, dont le cancer et la sclérose en plaques.

Au dire du Dr Michael Cima, l’autre coauteur de l’étude, « cette technique résout le problème de l’horaire des injections et des prises de médicaments, et ouvre la porte vers un avenir où vous aurez des prises de médicaments automatisées ».

L’équipe du MIT a commencé à travailler sur une puce sous-cutanée au milieu des années 1990. Des résultats préliminaires ont été publiés en 1999 dans la revue Nature, et les premiers essais cliniques avec des humains ont débuté au Danemark en janvier 2011.

Des tests supplémentaires seront prévus lorsqu’une version de la puce pouvant contenir davantage de doses de médicament sera disponible.

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