La révolution électrique sera lente à démarrer

Hugo PRÉVOST

Les partisans d’un monde où toutes les voitures seraient électriques devront prendre leur mal en patience, du moins à en croire la 13e enquête annuelle de la firme KPMG sur l’industrie mondiale de l’automobile. Selon le rapport publié lundi, la technologie électrique pourrait toutefois s’imposer, mais seulement à long terme.

La Volt de Chevrolet

L’étude, intitulée Global Automotive Executive Survey, se concentre principalement sur l’implantation de méthodes de connectivité au sein des véhicules dans les années à venir, mais une partie de l’examen des forces du marché se concentre également sur les parts de marchés que les véhicules électriques sont appelés à occuper à l’avenir.

Malgré une tendance au développement des transports en commun et la mise en marché de véhicules hybrides ou tout électriques, il semble, selon l’étude de KMPG, que les véhicules à combustion demeureront la norme pendant encore près de 20 ans. Cela tiendrait du fait, entre autres, que les systèmes de consommation d’essence et les normes de rendement ne cessent de s’améliorer.

«Conscients de la demande qui se profile dans les marchés émergents, les dirigeants de l’industrie automobile à travers le monde estiment qu’il est impératif de développer des technologies de propulsion électrique, explique Peter Hatges, associé chez KPMG et leader du groupe Automobile. Les constructeurs automobiles continueront d’injecter des sommes considérables dans les véhicules électriques et ils joueront un rôle de premier plan dans le développement de ces technologies émergentes. »

Après avoir mené des entretiens auprès de 200 hauts dirigeants de sociétés du secteur automobile (constructeurs et fournisseurs) en octobre et novembre 2011 – dont 25 en Amérique du Nord -, KPMG en est arrivé à la conclusion que les voitures électriques ne représenteront en 2015 que 15 pour cent seulement des nouveaux véhicules immatriculés lors de cette année-là.

Autre épine dans le pied des partisans du tout électrique et des groupes environnementaux : le taux d’adoption en Amérique du Nord et en Europe occidentale devrait être encore plus faible, se situant ainsi dans une fourchette oscillant entre six et 10 pour cent des ventes annuelles mondiales.

Le coup de grâce, enfin, alors que près des deux tiers des répondants affirment que l’optimisation du moteur à combustion interne permet un meilleur rendement et offre un plus grand potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre que les autres technologies existantes sur un horizon de cinq ans.

Tout n’est cependant pas perdu, puisque les constructeurs automobiles, les grands noms en tête, sont à pied d’oeuvre pour développer et mettre en marché des voitures électriques dans les années à venir. Daimler, Hyundai/Kia, Toyota et General Motors plancheraient d’ailleurs, mentionne l’étude, sur le perfectionnement de la technologie des cellules énergétiques, une méthode de propulsion plus efficace que les piles électriques actuelles.

Le problème de la propulsion électrique est en fait triple : une autonomie souvent faible, combinée à un réseau de recharge quasi-inexistant et à des prix élevés découragent les acheteurs potentiels, qui se tourneront alors vers des automobiles à combustion, que leur consommation soit réduite ou régulière.

La Volt, de Chevrolet, pourrait cependant changer la donne : dotée d’une autonomie électrique de seulement 60 kilomètres, elle dispose cependant d’une génératrice à essence capable de recharger la pile pour lui fournir près de 600 kilomètres supplémentaires. Seul le prix d’achat, dépassant les 35 000 $ US, risque d’échauder certains conducteurs. S’il existe certains programmes gouvernementaux offrant des rabais pour l’achat de tels véhicules, ceux-ci ne sont pas offerts uniformément dans tous les États ou provinces.

Dans la catégorie: À la uneScience et Environnement

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