Faut-il un seul type de livres électroniques ?

Pieuvre.ca

Il est temps d’en finir avec la multitude des formats des livres électroniques et de se débarrasser des protections numériques entourant ces fichiers. L’appel ferme et déterminé vient de Joe Wikert, le directeur général et éditeur de la maison d’édition américaine O’Reilly Media, qui exige ainsi une clarification et une simplification d’un marché de plus en plus complexe, au fur et à mesure que l’engouement envers les tablettes et lecteurs numériques augmente.

Si M. Wikert propose une situation hypothétique où certaines voitures n’auraient accès qu’à des types particuliers de stations-service, c’est surtout le cas de l’industrie de la musique numérique qui vient immédiatement en tête. Longtemps grevée par toute une série de verrous virtuel apposés sur les fichiers musicaux vendus en ligne, le domaine peine encore à établir une norme musicale commune, et, malgré des ventes qui ne retrouveront jamais leur vigueur d’antan, certaines compagnies de disques installent toujours ces protections sur les pièces vendues sur Internet.

Le résultat est connu de tous : le piratage de fichiers musicaux a connu un essor immense, inondant le web avec des fichiers MP3 lisibles par la quasi-totalité des logiciels et appareils, et ce surtout sans protection.

Du côté des livres électroniques, les formats Mobi, Epub et PDF semblent se livrer une guerre fratricide, certains fabricants de lecteurs, par exemple, n’offrant qu’une compatibilité avec un type de fichiers ou, comme le iPad, nécessitant l’utilisation de plus d’un logiciel pour lire des fichiers de différents formats.

Selon M. Wikert, il serait logique de se rabattre sur l’utilisation exclusive du format Epub, puisqu’il est « basé sur des normes populaires du web, et que ce format est développé et maintenu par une organisation qui se concentre sur l’ouverture et l’adoption du format par la majorité de l’industrie. Il s’agit également du format utilisé par virtuellement tous les vendeurs à l’exception du plus gros, soit Amazon ».

L’auteur peste également contre les verrous numériques, ces fameux digital rights management ou DRM. En fait, M. Wikert blâme Napster pour la peur du piratage qui afflige les éditeurs. Psychose inutile, selon lui : après tout, un livre papier peut très rapidement être numérisé puis distribué illégalement sur Internet, et le tour est joué. Nul besoin, alors, de pirater un fichier protégé.

Selon M. Wikert, l’imposition de verrous numériques implique un absence de confiance envers les consommateurs, qui sont alors considérés « comme des voleurs ». Il devient alors impossible de prêter un livre à un ami, une pratique pourtant extrêmement répandue du côté du livre papier – il y a même une série de bâtiments dédiés à cet effet dans pratiquement chaque ville du globe.

« En raison de tous ces problèmes, pourquoi ne pas directement abandonner les DRM, s’interroge M. Wikert. Même l’industrie de la musique a vu la lumière et a abandonné ce modèle. »

Dans la catégorie: Science et Technologie

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