Désaveu syndical de l’enseignement intensif de l’anglais
Pieuvre.ca
Le projet d’imposer l’enseignement de l’anglais en mode intensif lors de la seconde moitié de la sixième année du primaire a pris du plomb dans l’aile, mercredi, alors que la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) ont toutes deux réclamé que Québec fasse marche arrière dans le dossier. Au total, ce sont ainsi près de 100 000 enseignants qui refusent la nouvelle orientation du gouvernement Charest en matière linguistique.
Dénoncé par la FAE comme une mesure au caractère improvisé, le projet d’enseignement intensif de l’anglais en sixième année doit offrir, à terme, 400 heures de cours donnés uniquement dans la langue de Shakespeare. « Cette annonce s’est faite de façon surprenante sans qu’aucune consultation préalable n’ait été menée auprès des acteurs de l’éducation et sans tenir compte des difficultés que représente la mesure tant pour les élèves que pour le personnel enseignant », déplore la FAE.
Devant l’évolution des travaux menés par la ministre de l’Éducation Line Beauchamp, la fédération dit avoir décidé, après consultation de ses membres en janvier dernier, de se retirer des tables nationales.
« La FAE avait maintenu sa participation aux tables nationales, notamment pour encadrer le processus en cours et faire état des problèmes anticipés, aussi bien pour les élèves que pour les enseignantes et enseignants. La FAE a voulu s’assurer que les problèmes appréhendés pour les élèves, particulièrement pour ceux qui présentent des difficultés et pour les élèves non francophones, soient pris en compte », précise le regroupement syndical par voie de communiqué.
La fédération affirme également s’interroger sur l’urgence d’appliquer une généralisation de l’enseignement intensif de l’anglais en sixième année, s’inquiétant de l’effet sur les « maillons faibles » du système, soit les élèves peinant déjà à réussir dans un contexte unilingue, et les professeurs incapables d’enseigner l’anglais sur une base intensive. Sans compter, note-t-on, tous ceux qui nécessitent un encadrement spécialisé.
La FAE rappelle toutefois qu’elle n’est pas opposée à l’enseignement de l’anglais ou d’une deuxième langue.
Du côté de la FSE, on annonce également un retrait des comités ministériels chargés d’étudier la mise en place de ce nouveau programme, prétextant un « manque d’analyse dans la mise en oeuvre de ce programme ». « Retirer 400 heures d’enseignement dans l’ensemble des autres matières du programme de 6e année représente, à notre avis, un risque important pour la réussite de tous», affirme Manon Bernard, présidente de la FSE.
«Nous entamons une réflexion afin d’analyser des modèles d’organisation scolaire réalistes qui tiendront compte de la réalité des milieux, des exigences des programmes et de la réussite des élèves. Avant de faire cette annonce politique, il aurait fallu s’assurer de la mise en place de cette étape préalable et essentielle à l’implantation harmonieuse du projet», conclut Mme Bernard.
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