Un soir de triple première

Martin PRÉVOST

Le 24 janvier dernier débutait une toute nouvelle collaboration entre  Bibliothèque et Archives nationales du Québec et l’Orchestre symphonique de Montréal, dans le cadre d’une toute nouvelle série d’événements  Musique de chambre et littérature. La chose revêtait assez d’importance pour les deux collaborateurs que madame Madeleine Careau, chef de la direction de l’OSM et madame Nicole Vallières, directrice de la programmation culturelle de BANQ, ont pris la peine d’adresser quelques mots à l’auditoire.

L'auditorium de la BAnQ

Une première donc, que cette présence de musiciens de l’OSM à l’auditorium de la Grande bibliothèque, et un premier aperçu de ce que pourra donner cette nouvelle série qui marie musique de chambre et littérature. Et un aperçu très encourageant, dois-je dire. Rien de semble avoir été laissé au hasard dans cette énième innovation de l’OSM pour occuper une part de plus en plus grand dans le cœur des Montréalais et des Québecois.

D’abord, les lecteurs et lectrices choisis pour lire les textes : James Hyndman (24 janvier), Élise Guilbault, Guy Nadon, etc. On a déjà hâte. Ensuite, les textes eux-mêmes. Pour cette première soirée, on a fait appel, pour les choisir, à monsieur Stéphane Lépine, conseiller dramaturgique très en vue et codirecteur du Studio littéraire de la Place des arts. Ses choix se sont portés sur des œuvres poétiques des grands parmi les plus grands du patrimoine québécois : Nelligan, Anne Hébert, Fernand Ouellette et Gaston Miron, pour ne nommer que ceux-là. Ah, oui, il a aussi accolé à ces œuvres un poème de Verlaine… Disons que ce cousin français était en bonne compagnie. Tous ces bijoux, lus ou plutôt interprétés, par un James Hyndman très inspiré, voilà qui mettait la barre haute pour la partie musicale.

Cette barre, les quatre musiciens de l’OSM, épaulés par la très énergique Louise-Andrée Baril, l’ont franchi sans trop d’effort. Tout d’abord, en interprétant avec le baryton-basse Stephen Hegedus, une autre première : la création d’une commande faite à monsieur Régis Campo, Les chants amoureux, un cycle pour baryton, célesta et quatuor à cordes, construite autour de poèmes de Hector de Saint-Denis Garneau et de Gaston Miron. Nous avons eu droit, avec monsieur Hegedus, à une voix très riche et une sensibilité très à propos.

La Suite : Trio no 1 de Clermont Pépin, sans voix, a permis aux cordes de se mettre en valeur sans toutefois susciter les passions dans l’auditoire.

C’est le Quatuor no 1 pour piano et cordes en do mineur, de Gabriel Fauré qui complété le programme et qui a fait frémir les spectateurs, qui en ont oublié de ne pas applaudir entre les mouvements. On sentait que les musiciens avaient un plaisir fou à prendre possession de cette œuvre profondément romantique aux accents de tourmente et aux cascades de déferlements. Et madame Baril qui n’a vraiment pas épargné son piano, l’obligeant à tout donner. On avait peine à croire que les musiciens étaient si peu nombreux tant ils ont réussi à nous submerger. Quel finale et quels débuts réussis pour cette nouvelle série de l’OSM.

Dans la catégorie: Culturel

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