Stephen Harper ferait fausse route avec sa réforme des retraites, plaide la FADOQ
Pieuvre.ca
Le premier ministre Harper fait fausse route lorsqu’il parle de repousser l’âge de la retraite obligatoire; c’est du moins ce qu’en pense le Réseau FADOQ – anciennement la Fédération de l’âge d’or du Québec. Selon l’organisme, il serait ainsi bien plus important d’offrir des incitatifs fiscaux et des aménagements particuliers en milieu de travail pour garder les travailleurs âgés à leurs postes.
Stephen Harper avait effectivement annoncé plus tôt cette semaine, alors qu’il se trouvait au Forum économique international de Davos, en Suisse, qu’il avait l’intention de revoir à la hausse l’âge officiel de la retraite, en plus de remanier le mode de fonctionnement des programmes de la Sécurité de la vieillesse et, éventuellement, du Supplément minimal de revenu garanti.
Selon l’argumentaire préparé à l’intention de ses ministres et députés, les programmes de pensions de vieillesse et les autres programmes associés deviendront ingérables à terme en raison des coûts qu’ils susciteront. En vertu d’informations publiées par La Presse Canadienne, le coût de la Sécurité de la vieillesse passerait de 38 milliards $ en 2010 à plus d’une centaine de milliards de dollars en 2030.
Pour Jean-Claude Grondin, le président du Réseau FADOQ, repousser l’âge de la retraite ne constitue pourtant en rien une solution efficace aux problèmes économiques auxquels est confrontée notre société.
« En effet, la moyenne d’âge de la retraite au Québec est de 59, 9 ans. Ainsi, la solution aux problèmes économiques auxquels nous sommes confrontés ne réside pas dans l’augmentation de l’âge de la retraite, mais bien davantage, dans la mise en place d’incitatifs fiscaux et d’aménagement du temps de travail pour maintenir en emplois les travailleurs jusqu’à 65 ans », affirme-t-il.
M. Grondin ajoute que le gouvernement serait bien mieux avisé de percevoir les impôts des travailleurs pendant cinq années supplémentaires plutôt que de priver de prestations, pendant deux ans, les plus démunis. « Car il est clair que ceux qui seraient les plus touchés par l’augmentation de l’âge de la retraite sont les aînés les plus pauvres, ceux qui n’ont pas de fonds de pension et qui sont dépendants des pensions universelles et publiques », soutient le président de la FADOQ.
Les travailleurs ayant les moyens de prendre leur retraite à 60 ans seraient ainsi toujours capable d’agir de la même manière, et ce même si l’âge obligatoire de la retraite est repoussé à 67 ans, selon l’organisme.
Le Réseau FADOQ dit par ailleurs avoir constaté qu’il existait encore des préjugés défavorables à l’embauche de travailleurs âgés de plus de 50 ans. « C’est bien beau de repousser l’age de la retraite à 67 ans, mais encore faut-il que ces personnes puissent se trouver un emploi! »
Le gouvernement fédéral est ainsi exhorté à réfléchir sur des mesures incitatives susceptibles d’offrir de meilleurs avantages à la fois à l’économie canadienne qu’aux finances des retraités.
Dans la catégorie: Politique et Économie
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