L’univers bien réel du virtuel et du numérique

Hugo PRÉVOST

L’endroit est nu, cru : du béton, de vieux calorifères, quelques écailles de peinture là où le temps à fait son oeuvre. Sur cet étage d’un vieux bâtiment situé sur la rue Clark, à Montréal, une exposition pour technophiles, curieux et nostalgiques de la belle époque sont invités à visiter l’exposition Faux Lab, sorte de maelström techno-rétro destiné à faire réfléchir sur la place de la technologie dans nos vies ultra-branchées.

Photo : Josie Desmarais

Bienvenue dans le monde du « net-art ». Cette discipline artistique, centrée, on le devine, autour de l’informatique et du web, trouve vie dans les locaux d’Eastern Bloc sous la forme de quatre pièces formant un tout garni de fils, débordant de code, d’ondes et de la pâle clarté verdâtre de vieux écrans.

Ici, un ordinateur émettant une étrange mélodie à chaque fois qu’il communique par ondes avec le modem Internet. Là, de vieilles machines Mac datant d’une autre ère, avec des écrans encastrés, des moniteurs deux couleurs (vert et noir, s’il vous plaît) et des manettes pour jouer à de vieux jeux d’arcade.

Plus loin, un mariage improbable entre un téléscripteur et le réseau de microclavardage Twitter; tapez un message et celui-ci sera non seulement imprimé sur du papier, mais également transmis dans l’univers numérique, joyeux paradoxe.

Dans l’autre pièce, enfin, un immense projecteur qui bombarde d’une lumière blanche impitoyable quelques minces panneaux de papiers marbrés de code informatique. Symbole, sans doute, du côté implacable du langage virtuel.

Au dire d’Eliane Ellbogen, co-fondatrice d’Eastern Bloc, un centre d’exposition et de production venu au monde en 2007, l’idée était de représenter les systèmes informatiques, les systèmes de données sous une autre forme.

« Le net art sont des projets dont les oeuvres sont situées sur Internet, ou qui utilisent une interface pour connecter les spectateurs au numérique », explique-t-elle. La discipline serait d’ailleurs en croissance à Montréal, ajoute Mme Ellbogen, entre autres avec l’exposition 404 présentée au Centre canadien d’architecture.

Le net art, mentionne Mme Ellbogen, n’est pas à confondre directement avec le retro gaming, cette passion pour les vieux jeux vidéo et les vieilles consoles. Il faut plutôt voir ça comme un plongeon dans une conscience numérique collective, un univers omniprésent dont les spectateurs ne semblent prendre confiance qu’en examinant, sous la forme artistique, cette multitude électronique qui les entoure constamment, mentionne-t-elle.

Faux Lab est présentée jusqu’au 8 février.

Photo : Josie Desmarais

Photo : Josie Desmarais

Photo : Josie Desmarais

Dans la catégorie: Culturel

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