La graisse brune, une arme potentielle contre l’obésité

Pieuvre.ca

La lutte contre l’obésité pourrait fort bien prendre une nouvelle orientation : une étude médicale menée par des chercheurs québécois rapporte en effet que la graisse brune permettrait de brûler une quantité significative d’énergie déjà stockée dans d’autres graisses lorsque le corps humain est exposé au froid.

Selon le Dr André Carpentier, coauteur de l’étude et chercheur au Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et professeur à l’Université de Sherbrooke, la graisse brune serait ainsi un « tissu remarquable ». Jusqu’à tout récemment, indique-t-on par voie de communiqué, la présence de tissu adipeux brun chez l’humain adulte et sa contribution à la dépense d’énergie étaient considérées comme étant minimales, voire inexistantes.

Les connaissances sur le processus d’ajustement de la température corporelle indiquaient que, pour se réchauffer, les humains frissonnent tandis que les animaux hibernants utilisent leur graisse brune comme source de chaleur. Cependant, l’étude clinique publiée mercredi dans le Journal of Clinical Investigation révèle que la graisse brune chez l’humain permet la combustion d’énergie - sans utiliser le frissonnement - lorsqu’une personne est exposée à un froid intense.

Au dire du Dr Carpentier, la graisse brune permettrait de brûler des gras et des sucres. Ce type de corps adipeux, qui se retrouve chez les nouveaux-nés et semble disparaître vers l’âge d’un an, serait toutefois conservée chez les adultes.

De récentes études utilisant la tomographie d’émission par positrons auraient ainsi démontré sa présence chez les humains adultes, surtout dans la région du cou. Le professeur Denis Richard, également coauteur de l’étude, explique de son côté que des quantités relativement abondantes de ce tissus se retrouvent dans les régions cervicales et claviculaires chez les adultes.

En quoi cette graisse contribuerait-elle à faire perdre du poids? Le froid, en fait, enclencherait le processus de « consommation » des tissus adipeux et des sucres par la graisse brune. « Bien que la dépense d’énergie reliée à l’exposition au froid puisse contribuer à faire perdre du poids, la quantité d’énergie consommée est faible si on la compare à toute forme d’activité physique. Les résultats de recherche sont toutefois prometteurs », précisent toutefois les deux chercheurs.

Nul besoin impératif, dans ce cas, de dépenser temps et argent pour réfrigérer sa maison ou son lieu de travail. «Il n’est pas exclu d’envisager un traitement ciblant l’activation métabolique des graisses brunes combiné à des exercices physiques et une bonne alimentation dans le traitement de l’obésité et ses conséquences. Cependant, les gens ne devraient pas dépenser leur argent dans l’achat de systèmes de climatisation dans l’espoir de perdre du poids. Il reste encore beaucoup de recherches à faire avant de pouvoir utiliser cette stratégie de manière efficace et sécuritaire cliniquement», explique André Carpentier.

Dans la catégorie: Science et Technologie

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