Conciliation travail-études : la FEUQ publie une étude alarmante
Pieuvre.ca
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a dit jeudi tirer la « sonnette d’alarme » à propos de l’impact négatif du travail excessif en cours d’études, particulièrement dans un contexte où l’aide financière est « complètement déconnectée de la réalité », avance le regroupement.
Recherche et note d’information sur la conciliation travail-études en main, la FEUQ affirme que celle-ci est « de plus en plus impossible », alors que le gouvernement du Québec poursuit la hausse des frais de scolarité des études universitaires, hausse qui totalise 1625 $ sur cinq ans.
Dans ses conclusions provenant de son étude, la fédération indique que le taux d’emploi en cours d’études des étudiants à temps plein de 20 à 24, tout niveau d’études confondus, est passé de 25 pour cent en 1978-1979 à près de 55 pour cent depuis le début des années 2000. Le taux d’emploi d’été serait pourtant demeuré stable au fil des ans. « Une forme d’emploi n’a donc pas remplacé l’autre : l’emploi en cours d’études s’est ajouté à l’emploi d’été. De plus, les étudiants de premier cycle travaillent en moyenne 18,7 heures par semaine et 41,4 pour cent de ceux qui travaillaient le faisaient plus de 20 heures », précise la FEUQ.
La présidente de la fédération se demande par ailleurs de quelle manière les étudiants arriveront à payer la hausse des frais de scolarité. « La hausse à elle seule représente 4,7 semaines de travail supplémentaires au salaire minimum! », s’insurge Martine Desjardins.
L’augmentation des heures de travail aurait également un effet pervers sur la longueur des études, la FEUQ disant avoir observé que les étudiants travaillant durant le semestre allongent plus fréquemment leurs études et s’inscrivent à moins de crédits de cours que ceux qui ne travaillent pas.
«Les frais de scolarité ont augmenté de 30 pour cent au cours des 5 dernières années et le montant minimal de revenus de travail n’a pas été ajusté depuis 2004. Comment voulez-vous que les étudiants réussissent à boucler leur fin de mois ? On voit encore là une preuve de l’incohérence et du manque de jugement des libéraux», dénonce Mme Desjardins.
Les étudiants, enfin, seraient également parmi les premiers à perdre leur emploi en cas de troubles économiques, entraînant des variations de quatre à 15 fois plus importantes dans le taux d’emploi d’été que celles du taux d’emploi global.
Le taux de chômage d’été est aussi systématiquement plus élevé que celui de la population en général : une augmentation du taux de chômage d’un point est associée à une augmentation de l’ordre de 1,7 à six fois plus élevée dans le taux de chômage étudiant, avance la FEUQ.
L’étude de la fédération a été menée auprès de 12 600 étudiants de premier cycle en 2010.
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