Mitt Romney : chronique d’un couronnement annoncé ?
François Dominic LARAMÉE
Selon les plus récents sondages, l’ex-gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, jouit d’une confortable avance sur ses rivaux dans la course à l’investiture présidentielle du Parti républicain dans les deux prochains États où auront lieu des élections primaires, la Caroline du Sud et la Floride. Romney, qui jouit également de la faveur de l’establishment du parti, semble donc en voie de capitaliser sur ses victoires en Iowa et au New Hampshire et de prendre une avance insurmontable.
Un sondage mené par l’Université Monmouth révèle qu’en Caroline du Sud, où l’élection primaire aura lieu samedi le 21 janvier, Romney reçoit l’appui de 33 pour cent des électeurs républicains, contre 22 pour cent pour l’ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, et 14 pour cent pour l’ex-sénateur de la Pennsylvanie, Rick Santorum. Dans cet État très conservateur, Romney, associé à l’aile modérée du Parti républicain, profite de la division du vote de droite entre ses adversaires tout en recevant l’appui massif des électeurs qui ne se définissent ni comme des Chrétiens évangéliques, ni comme des partisans du Tea Party.
L’avance de Romney est encore plus confortable en Floride, où un sondage Public Policy Polling lui accorde une avance de 15 points sur son plus proche rival et où 68 pour cent des électeurs républicains affirment avoir une opinion positive de lui.
La dernière semaine n’a cependant pas apporté que de bonnes nouvelles au camp Romney. Le court-métrage When Mitt Romney Came to Town, réalisé par un groupe de pression qui supporte Newt Gingrich, attaque le passé d’homme d’affaires de l’ex-gouverneur en le décrivant comme un «vautour» qui achetait des entreprises pour les tailler en pièces et qui s’enrichissait en exportant des emplois américains à l’étranger; en cette année de protestations contre les pratiques des milieux financiers, ces attaques pourraient coûter de précieux appuis à Romney, sinon durant la campagne à l’investiture, du moins lors de l’élection générale contre le président Barack Obama.
De plus, les résultats complets des caucus de l’Iowa, où les résultats préliminaires accordaient à Romney une victoire par huit voix seulement sur Rick Santorum, n’ont toujours pas été certifiés – et le Washington Examiner rapporte que le décompte final pourrait bien accorder la victoire à Santorum. La répartition des délégués au congrès national du Parti républicain ne subirait vraisemblablement que des changements mineurs si cela devait s’avérer.
Enfin, le retrait de la course de l’autre candidat modéré, l’ancien gouverneur de l’Utah et ambassadeur en Chine Jon Huntsman, qui a apporté son soutien à Romney cette semaine, n’apportera pas beaucoup de voix supplémentaires puisque Huntsman ne disposait que de très peu d’appuis. Un sondage mené en Caroline du Sud il y a une dizaine de jours plaçait d’ailleurs Huntsman derrière l’humoriste Stephen Colbert, qui n’est pas candidat.
Néanmoins, si Mitt Romney, qui jouit de l’appui d’une bonne partie de l’establishment républicain, devait l’emporter dans un État très religieux de taille moyenne (la Caroline du Sud) et dans un gros État cosmopolite (la Floride) après avoir gagné dans un petit État où les libertés individuelles priment (le New Hampshire) et avoir fait match nul dans un petit État agricole très conservateur (l’Iowa), la course à l’investiture pourrait se terminer très rapidement.
Dans la catégorie: Politique et Économie
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