Les restaurateurs veulent faire modifier la politique bio du Québec

Hugo PRÉVOST

Alors que Québec poursuit les travaux de consultations entourant la mise en place d’une nouvelle politique bioalimentaire pour la province, certains acteurs du milieu de l’alimentation veulent se faire entendre et défendre leurs positions sur les enjeux déterminants de la volaille et des produits laitiers.

Ces deux secteurs posent problème, estiment le Conseil des chaînes de restaurants (CCRQ) du Québec et l’Association canadienne des restaurateurs et des services alimentaires (CRFA), et le gouvernement doit inclure des dispositions dans sa future politique pour les régler, avance-t-on.

Dans une annonce diffusée mardi par voie de communiqué, les deux organismes, tout juste avant leur passage lors des consultations gouvernementales, affirment que la gestion de l’offre dans le secteur du poulet et du lait est problématique dans le secteur de la restauration. Selon le conseil, les politiques actuelles feraient ainsi augmenter les prix, limiteraient l’innovation et créeraient une concurrence déloyale parmi les acheteurs.

«Les restaurants achètent le tiers du poulet produit au Québec, mais le système actuel nous limite dans l’obtention du type de produit que nos clients réclament et ce, à des prix raisonnables, selon Justin Taylor, vice-président main d’œuvre et approvisionnent pour la CRFA. Les politiques gouvernementales devraient être un moteur pour l’innovation et non pas la limiter.»

Les restaurateurs envisagent également de demander à ce que la province se penche sur l’iniquité des politiques sur les prix du fromage. Selon la politique actuelle, dit-on, les manufacturiers de pizzas congelées peuvent acheter leur fromage à moindre coût, alors que les restaurants doivent débourser 30 pour cent de plus pour le même produit.

Les restaurateurs demandent aux gouvernements fédéral et provincial la mise en place de politiques bioalimentaires au Canada qui sont justes, transparentes et équitables pour tous les producteurs, les consommateurs et les restaurateurs.

Le projet de politique bioalimentaire québécoise a fait l’objet de la publication d’un Livre vert à l’été dernier, Québec indiquant vouloir se pencher sur trois avenues de développement du secteur agro-alimentaire de la province. En vertu d’une future politique bioalimentaire, la province serait ainsi en mesure de mieux distinguer les produits alimentaires québécois, c’est-à-dire que « les réseaux de commercialisation et le consommateur, d’ici et d’ailleurs, développent un préjugé favorable envers les produits alimentaires fabriqués au Québec ». Il faudrait donc que le consommateur puisse identifier, reconnaître et demander les produits québécois lorsqu’il fait ses courses ou va au restaurant, est-il précisé dans les documents gouvernementaux.

Parallèlement à cette démarche, Québec souhaite renforcer la capacité concurrentielle des entreprises. Arguant que « des défis immenses se posent au secteur bioalimentaire québécois », le gouvernement propose d’améliorer la capacité de gestion des entreprises bioalimentaires en les invitant à adopter les pratiques et technologies utilisées « par les meilleurs en les supportant dans leurs investissements ».

Enfin, Québec souhaite valoriser l’environnement et le territoire en passant par des pratiques de production et de commercialisation vertes. « Bref, nous vendrons davantage de (nos produits) parce que nous serons écoresponsables dans l’industrie bioalimentaire », prévoit-on.

Le gouvernement voudrait ainsi « appliquer le principe de l’écoconditionnalité à chacun des programmes destinés aux entreprises bioalimentaires », soit l’adoption de modes de production écologique qui généreront des bénéfices environnementaux et financiers.

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