Les libéraux en congrès pour retrouver du poil de la bête
Sarah DION-MARQUIS
Les militants du Parti libéral du Canada ont profité de leur premier congrès depuis la raclée historique du 2 mai pour faire le plein d’idées et remettre leur parti sur la bonne voie.
Deux résolutions émanant des Jeunes Libéraux ont provoqué des débats enflammés lors de la séance plénière dimanche matin: l’abolition des liens entre le Canada et la mornarchie britannique et la légalisation de la marijuana.
Alors que la majorité des militants sont contre l’idée de rompre avec le lien monarchique, elle s’est prononcée en faveur de la légalisation de la marijuana.
Soixante-dix-sept pour cent des militants ont approuvé la résolution stipulant qu’un gouvernement libéral «veillera à la réglementation et à la taxation de sa production, sa distribution et son utilisation tout en imposant des sanctions sévères pour les activités illégales de trafic, d’importation et d’exportation de marijuana ainsi que pour la conduite avec facultés affaiblies».
Le chef intérimaire du PLC, Bob Rae, s’est dit «à l’aise» avec la légalisation de la marijuana. À savoir si la proposition se figurera dans le programme du parti, le chef a fait preuve de prudence: «C’est une résolution qui est claire, mais la façon pratique de comment ça va se faire politiquement, ça c’est la décision du parti qu’on prendra lorsqu’on créera la plate-forme», a rétorqué Bob Rae.
Du même coup, les militants ont donné leur aval à l’établissement d’un mode de scrutin préférentiel à l’échelle nationale et de réinstaurer les Bourses du millénaire.
Autre changement à venir au PLC : les partisans qui ne sont pas membres en règle de la formation politique pourront voter pour le nouveau chef. Toutefois, ces derniers ne pourront pas participer aux congrès, voter pour les politiques du parti ou lors de l’investiture dans des circonscriptions.
Pour Bob Rae, cette proposition était «l’occasion de dire que le Parti libéral n’est pas un club privé».
Soixante-quinze pour cent des 1936 membres qui ont pris part au vote était d’accord avec leur chef. Ceux qui ont voté contre ont dit craindre que cela permettre à des individus mal-intentionnées d’affaiblir le parti de l’intérieur, ou même de dévaluer le statut de membre.
La résolution stipule que les citoyens devront remplir une demande par écrit, appuyer les objectifs du PLC, avoir l’âge légal de vote et ne pas être membres d’un autre parti politique.
Le congrès biennal aura aussi servi à élire un nouveau président, l’Ontarien Michael Crawley, qui a défait l’ex-ministre Sheila Copps. Celui qui a dirigé l’aile ontarienne du PLC aura dorénavant la tâche de moderniser la formation politique fédérale. Bien que cela ne soit pas un rôle d’avant-plan, comme celui de chef, le président contribue à définir les règles du parti, y compris celles qui entourent la course à la direction.
À l’heure actuelle, les règles édictées par le comité de direction du PLC stipulent que le chef intérimaire ne peut être candidat dans une éventuelle course au leadership.
Michael Crawley, tout comme son adversaire principal Sheila Coops, s’est dit favorable à ce que ces règles soient modifiées pour permettre à Bob Rae de briguer la direction du parti s’il le désire.
Pour sa part, Bob Rae n’écarte pas l’idée qu’il puisse briguer la direction du PLC une fois que la course au leadership sera engagée en 2013. Questionné à maintes reprises par les journalistes au cours des derniers jours, il a réitiéré, chaque fois, que son objectif «est de suivre les règles de l’exécutif national du parti».
Quoi qu’il en soit, il reste beaucoup à accomplir d’ici l’élection d’un nouveau chef et Bob Rae en est conscient.
«Ce congrès a ouvert la voie aux changements et il reste maintenant à traduire les paroles en action», a-t-il déclaré lors de son discours de clôture du congrès.
Dans la catégorie: À la une • Politique et Économie
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