The Black Keys débridés avec El Camino
Hugo PRÉVOST
Est-il vraiment nécessaire de présenter à nouveau le groupe The Black Keys? Le duo de blues et de rock américain, originaire de l’Ohio, déverse depuis une décennie un torrent de musique accrocheuse, bigarrée et mordante. Alors que l’album El Camino atterrit mardi dans les bacs des disquaires, la formation musicale prouve une nouvelle fois que la musique venant des tripes a encore de beaux jours devant elle.
Le rythme est sans pitié : après une série de très bons albums, dont l’excellent Brothers, paru tout juste l’an dernier, The Black Keys n’avait pas d’autre choix que de rehausser la barre. En fait, le guitariste Dan Auerbach et le batteur Patrick Carney sont sur une lancée, avec un troisième album depuis 2008 et le disque Attack and Release.
El Camino, donc, avec ses photos de minifourgonnettes familiales aux flancs décorés de faux bois, alors que l’on imagine les membres du groupe jouer dans un sous-sol au tapis effiloché, les amplis faisant soulever un petit nuage de poussière tandis que les câbles avoisinent les bouteilles de bière. Voilà, en fait, la musique des Black Keys : lourde, sauvage, puissante, sans artifice inutile.
Comme les White Stripes avant leur séparation et avec un petit air du Black Rebel Motorcycle Club, les Black Keys présentent donc un nouvel album un peu plus sombre, moins blues que rock ou même hard rock. Bref, une créature musicale que les amateurs devraient apprécier à de multiples reprises.
Le tout commence sur les chapeaux de roues, avec Lonely Boy, le premier extrait qui tourne depuis quelques temps à la radio et sur Internet; du rock agressif, mordant, qui donne l’impression que le duo laisse tomber les faux-semblants et jouent du rock tel qu’ils l’entendent.
Chapeau particulièrement au morceau Little Black Submarines, tout en finesse dans sa première partie, avant que les haut-parleurs ne tonnent et que les décibels ne se déversent.
El Camino, en fait, est un peu ça : un vernis de civilité qui s’écaille heureusement bien vite pour offrir une bonne dose de rock et de blues à la patine un peu usée. Pas d’artifices, pas de fioritures, simplement de la musique qui évoque un faisceau de lumière d’un projecteur tombant sur le front en sueur d’un musicien au milieu d’un solo de guitare, ou la vibration envoûtante d’un caisson de basse qui tonne, voire le bruit étouffé d’une cymbale sur laquelle cogne une baguette de batteur.
The Black Keys sera d’ailleurs en concert à Montréal le 13 mars 2012 au Centre Bell, avec la formation britannique Arctic Monkeys en première partie. Les billets seront en vente samedi le 10 décembre à midi.
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Dans la catégorie: À la une • Culturel
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