535 jours plus tard, la Belgique a son gouvernement
Thibaud DE CLERCK
Il aura fallu plus de 535 jours pour que les négociateurs sous la houlette d’Elio Di Rupo arrivent à l’accord définitif de gouvernement. Mais cela est fait, la Belgique a son gouvernement. Les différents partis ont ainsi ratifié l’accord en question, mettant fin à un an et demi des plus folles spéculations politiques sur l’avenir du petit État européen dont la capitale est aussi celle de l’Union européenne.
Tout a commencé avec les élections du 13 juin 2010. Deux partis, en particulier, remportent les élections : La NV-A (parti séparatiste) en Flandre et le Parti socialiste en Wallonie. Dès le départ, les choses commencent mal. La NV-A veut une réforme de l’État poussée, une scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles Hal-Vilvoorde (BHV). Les francophones sont d’accord pour faire des concessions, mais tout en réclamant des contre-parties. Les négociations s’enveniment. Le roi, Albert II, devrait à maintes reprises intervenir pour faire avancer les choses. La valse des «-eur» commence : préformateur, formateur, démineur, etc.
Les négociations n’avancent plus, le pays court à sa perte jusqu’à ce que la NV-A soit exclue des négociations. Elio Di Rupo, le formateur, a les coudées franches pour continuer la construction de l’accord de gouvernement. BHV sera scindé, la réforme de l’État est en route, la répartition des compétences aux entités fédérées est, elle aussi, conclue. Il ne reste que deux matières sur la table pour pouvoir (enfin) constituer le nouveau gouvernement: le budget et la justice.
De nouveau, une fracture s’installe entre les négociateurs, mais cette fois, plus question de conflit communautaire. La «lutte» oppose les socialistes et les libéraux qui ont des idées bien différentes pour trouver les 11,3 milliards d’Euros d’économies et atteindre l’équilibre du budget, tout en respectant les mesures imposées par l’Union Européenne. La presse et les citoyens sont inquiets (de nouveaux), les négociations sont presque rompues, mais une agence de notation se penche sur la note de la Belgique et décide de revoir celle-ci à la baisse. Les six partis politiques autour de table entame un round de négociations au finish et surprise, au petit matin, le budget est clôturé! La justice est un jeu d’enfant à côté de ça. L’accord définitif de gouvernement est là ou presque.
Dans la rue, les syndicats et les travailleurs ne se réjouissent pas de cet accord qui, selon eux, va en faveur des plus grosses fortunes et tape dans le portefeuille des petits budgets. Une grève générale est décidée, mais cela ne semble pas inquiéter le formateur dont l’agenda est bouclé jusqu’à la formation du gouvernement qui aura lieu, vraisemblablement en début de semaine prochaine.
Il aura fallu 535 jours pour que la Belgique remercie Yves Leterme et son gouvernement en affaires courantes, 535 jours de conflits pour mettre en place un nouveau gouvernement et retrouver un peu de sérénité politique dans le pays. Mais la question que tout le monde se pose est: «Combien de temps cela durera-t-il»?
Dans la catégorie: Chronique • Politique et Économie
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