L’ICIS invite à moderniser le système de santé

Pieuvre.ca

Amélioration et prévention : voilà les maîtres-mots d’un rapport publié jeudi sur les améliorations à apporter au système de santé canadien, alors que le vieillissement de la population se poursuit. Le document, préparé et diffusé par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), propose diverses solutions pour moderniser les soins offerts aux aînés et ainsi permettre d’éviter une croissance exponentielle des frais qui y sont reliés.

Selon le rapport Les soins de santé au Canada 2011 : regard sur les personnes âgées et le vieillissement, bien que les aînés du Canada (âgés de 65 ans ou plus) vivent plus longtemps et sont en meilleure santé que jamais, ils ont souvent recours aux services de santé et coûtent plus cher au système que tout autre segment de la population. Les aînés représentent à peine 14 pour cent de la population, précise l’étude, mais utilisent 40 pour cent des services hospitaliers dispensés au Canada et représentent environ 45 pour cent de toutes les dépenses consacrées à la santé par les gouvernements des provinces et des territoires.

Alors que ces mêmes provinces et territoires ont entamé des négociations avec le gouvernement fédéral pour obtenir une nouvelle mouture d’un accord de financement des soins de santé par Ottawa, ces mêmes frais sont amenés à grossir de plus en plus, augmentant de même la pression sur des économies fédérale et provinciales déjà fortement malmenées par la crise économique et le marasme qui a suivi.

«D’ici 2036, selon les prévisions, les Canadiens âgés de 65 ans ou plus seront presque deux fois plus nombreux et représenteront 25 % de la population. Il convient donc de repérer les écarts et de canaliser les efforts au bon endroit pour faire en sorte que les Canadiens de tous âges continuent à bénéficier d’un système solide et efficace», explique John Wright, président-directeur général de l’ICIS.

Première de deux principales recommandations de l’ICIS : une meilleure intégration des soins de santé. Le rapport de l’institut estime en effet qu’il est nécessaire de décloisonner les milieux traitants et les services d’intervention, une structure qui peut nuire aux personnes âgées et compliquer la prise de médicaments en multipliant les procédures de suivi auprès de divers intervenants.

«Puisque les médicaments peuvent être prescrits par différents dispensateurs de soins de santé qui ne détiennent pas nécessairement une liste exacte de tous les traitements suivis par les patients, les personnes âgées peuvent être exposées à un risque accru d’interactions médicamenteuses ou d’événements indésirables», souligne la Dre Pamela Jarrett, gériatre au Nouveau-Brunswick. «Même si l’ensemble des dispensateurs de soins font tout en leur pouvoir pour s’assurer que les personnes âgées ne prennent pas une combinaison de médicaments qui pourraient présenter une interaction néfaste, une revue régulière des médicaments, effectuée en compagnie du médecin de famille ou du pharmacien, peut réduire ces risques d’interaction des médicaments.»

La prévention, première ligne de défense médicale

L’ICIS a également décidé d’appliquer le vieil adage « mieux vaut prévenir que guérir » en recommandant que les personnes âgés consultent plus souvent des intervenants de proximité, qui pourraient alors leur prodiguer des soins primaires. Le tout éviterait ensuite un engorgement des services d’urgence pour des maladies chroniques frappant davantage cette tranche de population et qui pourraient être traitées dans la communauté, précise le rapport. La prévention des chutes, par exemple, pourrait diminuer de neuf pour cent les visites à l’urgence en 2009-2010, et retrancher ainsi près de 80 000 hospitalisations le fardeau qui pèse sur les hôpitaux.

L’ICIS, enfin, se tourne vers les percées technologiques pour améliorer l’état de santé des personnes âgées. L’institut propose, par exemple, l’adoption à grande échelle des dossiers de santé électroniques – une avenue empruntée par Québec et qui devrait devenir réalité dans quelques années -, afin de faciliter la prise de décisions par les médecins en leur offrant l’accès à des données complètes sur l’état de santé du patient et sur les médicaments qu’il prend.

Le rapport recommande également de développer un système de surveillance de la prise de médicaments équipé d’un déclencheur, ce qui permettrait aux membres de la famille de surveiller le moment et la nature des médicaments pris par le patient.

 

Dans la catégorie: Société

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