Lecture chez les enfants : il faut agir, disent deux groupes

Hugo PRÉVOST

Les capacités littéraires des élèves québécois préoccupent la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui a fait part lundi de son inquiétude concernant les résultats de l’enquête du Programme pancanadien d’évaluation (PPCE), une initiative du Conseil des ministres de l’Éducation du Canada. Selon cette enquête, les élèves québécois ont obtenu de moins bons résultats que ceux du Canada, et performent également moins bien qu’en 2007 lors de la réalisation d’une étude semblable.

L’enquête réalisée au printemps 2010 a évalué des élèves de 13 ans, en lecture, en mathématiques et en sciences, auprès d’un échantillon aléatoire d’environ 32 000 élèves de huitièmeannée ou deuxième secondaire. Ces tests ont pour but de voir si les élèves du Canada atteignent tous un rendement semblable au même moment durant leurs études. La moyenne canadienne est établie à 500. Or en 2010, le résultat moyen en lecture des élèves de deuxième secondaire des écoles françaises du Québec se situe à 480, un résultat inférieur à la moyenne canadienne. C’est également un recul important par rapport à 2007 où il se situait à 544. C’est d’ailleurs au Québec que l’on constate le recul le plus significatif parmi toutes les provinces canadiennes. En l’espace de trois ans, les élèves québécois sont passés du premier au septième rang au Canada, explique la FAE par voie de communiqué.

Au dire de la fédération, l’enquête est intéressante puisqu’elle permet de comparer les résultats de deux cohortes d’élèves issus de la réforme en vigueur au Québec depuis 12 ans. « L’enquête 2010, explique-t-on, témoigne d’une détérioration importante des résultats des élèves (de 544 en 2007 à 480 en 2010). Il faut noter que le taux de participation des élèves québécois à l’enquête du PPCE est passé de 64,7 pour cent en 2007 à 80,7 pour cent en 2010, constituant un échantillon plus important et permettant ainsi de dresser un portrait encore plus précis de la situation. »

Pour Pierre Saint-Germain, président de la FAE, il est ainsi primordial de renverser les effets de la réforme pour contrer le déclin constant du rendement moyen en lecture depuis l’implantation des changements apportés au curriculum scolaire.

La FAE explique ainsi que la ministre Beauchamp doit saisir l’occasion pour revoir de fond en comble le programme de français.

La CSQ satisfaite

Dans la même optique, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) affirme accueillir favorablement les ajustements apportés au programme d’enseignement, annoncés lundi par la ministre Beauchamp, visant à améliorer l’apprentissage de la lecture au préscolaire et au premier cycle du primaire.

La CSQ avait sonné l’alarme, car elle s’inquiétait de l’écart qui se creusait entre les filles et les garçons. Les recherches démontrent que cet écart commence à se former dès le passage de la premièreà la deuxième année du primaire pour atteindre l’équivalent d’une année complète d’études à l’âge de 15 ans en faveur des filles. Rappelons que le taux de diplomation des garçons à la fin du secondaire, soit à l’âge de 17 ans, s’établit à 49,1 pour cent comparativement à 62,2 pour cent pour les filles et que 80 pour cent des décrocheurs ont des problèmes reliés à la lecture-écriture.

La CSQ rappelle toutefois qu’il est primordial d’intervenir rapidement. La propension au décrochage prend racine au primaire, voire même au préscolaire, et il commence, dans la plupart des cas, par des échecs scolaires, des retards ou du redoublement. Il est renforcé par des situations personnelles et familiales contraignantes et incontrôlables, précise la centrale syndicale.

«Malgré cette intervention rapide, il y aura encore des élèves qui n’auront pas fait de progrès suffisants. C’est à ce moment que doivent intervenir des ressources professionnelles spécialisées. Ces enfants devraient pouvoir être diagnostiqués et obtenir l’aide appropriée rapidement. Les professionnelles et professionnels choisiront des méthodes efficaces et reconnues auprès des élèves ayant des difficultés d’apprentissage ou étant considérés à risque en raison de leur milieu de vie», ajoute la vice-présidente de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ),Johanne Pomerleau.

En ce qui a trait aux résultats du Québec au Programme pancanadien d’évaluation (PPCE), la CSQ affirme constater que les élèves québécois occupent la première place au Canada au chapitre des mathématiques, tant au PPCE qu’au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). La CSQ note toutefois des différences entre les résultats du PPCE et du PISA au niveau de la lecture et des sciences.

Les deux organisations responsables de ces programmes d’évaluation devraient clarifier cette situation pour que nous puissions avoir un aperçu exact de la performance des élèves québécois en ces matières, propose le regroupement syndical.

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