Tramway aérien à Laval : projet réaliste ou utopie ?
Josie DESMARAIS
En conférence de presse mardi matin, le maire de Laval Gilles Vaillancourt annonçait vouloir réaliser une étude de faisabilité sur un «tramway aérien». Présentant multiples exemples à travers le monde de système de transport par câble, ces recherches seraient un moyen de poursuivre le concept lavallois de développement durable Évolucité, établi plus tôt cette année.
Plusieurs villes utilisent le tramway aérien pour enjamber lacs et rivières ou pour joindre deux parties de la ville, comme c’est le cas pour New York, Coblence et Londres (encore en projet). Dans plusieurs situations en Amérique latine, ces téléphériques sont utiles pour des villes ayant une importante dénivellation. À première vue, ces exemples d’utilisations ne correspondent pas au territoire lavallois.
Gilles Vaillancourt dit privilégier le métro en terme de transport en commun, mais indique chercher également des idées réalisables à plus court terme. «Laval se développe de façon accélérée, et le tramway aérien pourrait répondre aux besoins rapidement et à une fraction du prix, sans l’implantation d’infrastructures lourdes», explique le maire de Laval.
Pourtant, en mai dernier, ce même maire annonçait vouloir cinq nouvelles stations de métro sur son île. Il expliquait que si les stations de Cartier, Concorde et Montmorency avaient pris de nombreuses années pour se construire, on détenait maintenant l’expertise nécessaire pour que les prochains développements soient beaucoup moins longs et onéreux. Lors de ces deux conférences de presse, celle de mai et d’aujourd’hui, aucun mot ne fut prononcé sur le réseau d’autobus, qui est pourtant le plus efficace pour rejoindre les quartiers les plus éloignés au centre de Laval.
Les stations de métro et de trains de banlieue sont saturées à Laval, en plus des stationnements qui les environnent. Un réseau d’autobus plus efficace (plus de passages) et des circuits moins longs (qui vont des quartiers éloignés vers le centre, au lieu de circuits qui serpentent dans plusieurs quartiers) semble un meilleur moyen accommoder une plus grande part de la population. Car les exemples de tramway aérien, présentés par la Ville, peuvent contenir en moyenne une quinzaine de personnes seulement, comparativement à 80 pour un autobus. Cette option de transport en commun, qui fonctionnerait à l’électricité, a des vertus écologiques évidentes.
Pourtant, en termes de territoire à desservir et de nombre d’usagers par navette, il n’y a pas d’avantages à aller de l’avant dans ce projet de tramway aérien. Cela ressemble plus à de la poudre aux yeux qu’à de vrais projets de développement durable.
Dans la catégorie: Chronique • Société
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