La Solde : dans l’enfer de l’existence

Hugo PRÉVOST

Quatre ans après son dernier ouvrage, l’auteur Éric McComber propose aujourd’hui La Solde, paru aux éditions La mèche. On y retrouve Émile Duncan, personnage principal déjà présent dans Sans connaissance, du même auteur, et paru en 2007. Cette fois, Émile explore les bas-fonds de l’existence, entre vacuité de l’être et désespérant besoin de réconfort.

Émile, donc, vit dans un logement ressemblant fort à un taudis, travaille de nuit dans une usine à concevoir des agendas scolaires pour des écoles secondaires et agrémente ses journées d’errances psychologiques et d’amourettes sans lendemain. Il tentera néanmoins de s’évader cette parodie d’existence, tout d’abord en écrivant un livre, puis en tentant de trouver l’amour, le vrai.

On ne sait trop de quelle façon aborder La Solde. Le propos est cru – et il s’agit là d’un euphémisme. Émile Duncan est loin d’être un intellectuel bien-pensant, et le constat est clair dès les premières pages. Il jure, se saoule, baise, vit comme un porc… et semble en vouloir autant à lui-même qu’à la société.

En fait, on est en droit de se demander si McComber a simplement voulu dépeindre un homme dans la crise de la trentaine qui essaie tant bien que mal de se rebeller contre une existence misérable et pathétique, ou s’il n’a pas pu résister à l’envie de livrer une charge à fond de train contre une société qu’il considère pourrie jusqu’à la moelle. Tout y passe, et jusqu’à l’excès : les ravages de l’alcool, la société de consommation, la notion d’entité familiale, la banalisation du sexe… tout cela est si souvent ressassé qu’on se lasse rapidement.

L’intérêt du lecteur est cependant miraculeusement ramené d’entre les morts en début de seconde partie, mais les vieilles habitudes reviennent vite au galop, et l’on se prend à espérer que le récit se termine rapidement pour en finir avec cet être immonde qui semble se complaire dans sa vie pathétique, grossière et exaspérante.

Si vous êtes déjà en guerre contre l’existence, La Solde est pour vous. Sinon, un livre s’attaquant à autre chose que les simples apparences du malheur et la détresse vous attend certainement au détour de l’allée d’une bibliothèque ou d’une librairie.

Dans la catégorie: Culturel

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