Économie mondiale : gare aux esprits animaux, prévient Exportation et Développement Canada

Pieuvre.ca

La lueur d’espoir pour l’économie canadienne viendra. Tardivement, mais elle viendra, estime Exportation et Développement Canada (EDC), qui publiait lundi ses Prévisions à l’exportation de l’automne 2011. Selon l’organisme, l’économie mondiale se redresse et se prépare à une reprise de la croissance dans la deuxième moitié de 2012, amenant les exportations canadiennes à poursuivre leur croissance.

Les esprits animaux, voilà ce qui anime les économistes et les investisseurs, avance Peter Hall, économiste en chef chez EDC. L’homme reprend ici la théorie du célèbre John Maynard Keynes, qui qualifiait ainsi les comportements irrationnels des investisseurs et prévisionnistes qui ignorent les prochains virages qu’empruntera l’économie.

Selon M. Hall, l’économie piétine depuis le milieu de 2010, ce qui rend les marchés, les entreprises et les consommateurs perplexes, aucun d’eux ne réagissant particulièrement bien à cette stagnation. Il ajoute que les économies de la planète ne pourront sans doute accomplir qu’une croissance modeste pendant un certain temps, puisque celles-ci continueront d’éliminer leurs excès datant d’avant la récession. Il estime toutefois que le point d’équilibre sera atteint à la mi-2012, et que la croissance reprendra à ce moment-là.

«En attendant, cette stagnation rend l’économie mondiale plus vulnérable aux chocs», a poursuivi M. Hall. «Jusqu’ici, l’activité a résisté de manière remarquable à de multiples chocs financiers et politiques et à de nombreuses catastrophes naturelles. Les effets de tout éventuel contretemps au cours des six à neuf prochains mois seraient probablement plus prononcés que d’habitude.»

Malgré tout, les prévisions d’EDC révèlent que certains indicateurs clés font penser à un cycle économique plus normal. Les consommateurs se désendettent et se créent de nouvelles habitudes de dépenses plus normales. Les marchés du logement se rétablissent lentement. Les banques prêtent plus facilement. La production est peut-être gênée par la faible confiance, mais les commandes augmentent. Ces éléments laissent croire fortement que l’économie a encore du potentiel pour réaliser une vigoureuse phase de croissance et avance bien dans cette voie.

EDC prévoit que l’économie mondiale capitalisera sur la hausse actuelle de l’activité fondamentale et continuera de trouver des remèdes aux chocs et aux faiblesses qui attaqueront la croissance à court terme. L’élan devrait s’accélérer en 2012, ce qui portera la croissance dans les marchés développés de 1,6 pour cent en 2011 à 2,6 pour cent l’an prochain.

Les exportations canadiennes, qui ont de plus en plus tendance à diversifier les marchés, devraient bien se comporter et s’accroître de sept pour cent l’an prochain, après un taux vigoureux de 11 pour cent en 2011. EDC prévoit que les résultats contrastés tout au long de l’année se traduiront par une croissance du PIB canadien de 2,3 pour cent en 2011, tandis que l’élan américain compensera la faiblesse au Canada et fera progresser l’économie de 2,4 pour cent en 2012.

«L’économie américaine devrait prendre les devants et le Japon apportera une contribution notable puisque la reconstruction stimulera la croissance en 2012. L’austérité confinera l’Europe occidentale à la queue du peloton. Les marchés émergents continueront de se surpasser et ils devanceront les membres de l’OCDE, avec des gains de 5,9 pour cent cette année et l’an prochain. Par conséquent, la croissance mondiale devrait s’accélérer et passer de 3,7 pour cent en 2011 à 4,3 pour cent en 2012. Ce sont des résultats impressionnants, tout compte fait», conclut M. Hall.

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