Pour un moratoire sur les projets autoroutiers

Pieuvre.ca

À situation dramatique, mesures draconiennes. Plusieurs organismes ont effectué lundi une sortie publique commune pour demander au gouvernement du Québec de suspendre le développement de nouvelles grandes infrastructures routières et de ré-allouer ainsi plusieurs milliards de dollars vers la réfection du réseau routier stratégique et vers la consolidation et le développement des transports collectifs.

Les organismes – TRANSIT, l’Alliance pour le financement des transports collectifs au Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) – disent ne pas comprendre pourquoi de nouvelles infrastructures routières seraient construites alors que le gouvernement du Québec « n’a déjà pas les moyens d’entretenir ses réseaux autoroutiers et de transports collectif », ajoutant qu’il est nécessaire de « faire les bons choix et se donner les bonnes priorités ».

Le gouvernement du Québec prévoit investir 16,9 milliards $ dans le réseau routier et 2,9 milliards $ dans les transports collectifs au cours des cinq prochaines années. De ces sommes, le gouvernement compte consacrer quelque 5,4 milliards de dollars d’ici 2015 à la construction, l’agrandissement ou au parachèvement de nouvelles routes dans les grands centres urbains du Québec, expliquent les organismes.

Dans la lettre et le document de référence qu’ils ont fait parvenir au ministre des Transports, M. Pierre Moreau, les représentants estiment, de façon conservatrice, qu’une marge de manœuvre de quelques trois milliards $ pourrait ainsi être réaffectée vers l’urgente réfection du réseau routier stratégique et la consolidation et le développement des réseaux de transports collectifs. Les transports collectifs, ont-ils fait valoir, absorbent les impacts des grands chantiers de construction, notamment dans la grande région de Montréal, et jouissent d’une forte augmentation d’achalandage, partout sur le territoire.

Plusieurs de ces réseaux sont actuellement saturés, rendant urgentes les mesures de mitigation et l’augmentation de l’offre de transport, notamment dans les régions de Montréal, Québec, Gatineau et Sherbrooke, stipulent les organismes. Rappelons que pour la seule région de Montréal, les coûts de remise à niveau des infrastructures de métro et de remplacement des voitures de métro s’élèvent à quelque six milliards $.

Les représentants croient qu’un tel moratoire pourrait ne pas s’appliquer à certains projets routiers conçus à l’extérieur des grands centres et qu’il exclut les chantiers en cours.

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