Services de garde : le privé lui aussi dans la rue

Stéphanie DESCHAMPS

Le réseau des garderies privées du Québec emboîte le pas. Une marche contre le sous-financement avait lieu le matin du 15 octobre à Montréal. Près de 3000 propriétaires, gestionnaires, membres du personnel éducateur, parents et enfants ont ainsi déferlé dans les rues de la métropole, en route vers le bureau du premier ministre du Québec, Jean Charest. Leur demande au gouvernement était claire : réduire l’écart de financement entre les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées.

Instigatrice de l’événement, l’Association des garderies privées du Québec (AGPQ) affirme que cette marche était nécessaire puisque la différence de financement entre les CPE et les garderies privées subventionnées est «énorme, injustifiée et inacceptable». Selon Sylvain Lévesque, président de l’AGPQ, «il n’y a aucune raison justifiant un tel écart de financement. Nous sommes régis par les mêmes lois et règlements que les CPE et nous offrons exactement les mêmes services, au même prix pour les parents», signale-t-il par voie de communiqué.

Rappelons qu’en ce moment, un poupon recevrait près de 7 $ de plus par jour en CPE qu’en garderie privée, alors que les bambins de plus de 18 mois ainsi que les enfants à besoins particuliers toucheraient 3 $ supplémentaires. Selon l’association, ces écarts constitueraient un manque à gagner d’environ 200 000 $ pour une garderie de 80 places, incluant 10 poupons. «Il n’y a aucune raison justifiant un tel écart de financement. Nous sommes régis par les mêmes lois et règlements que les CPE et nous offrons exactement les mêmes services, au même prix pour les parents», poursuit M. Lévesque.

L’association ajoute que, si aucune amélioration n’est apportée, le sous-financement chronique pourrait mettre en péril leurs installations et la qualité de leurs services. «On se bat pour augmenter le financement et par le fait même améliorer les conditions salariales de notre personnel éducateur parce qu’au fond, on n’est pas réellement patron. Le gouvernement détermine les subventions qu’on reçoit par jour par enfant et fixe notre tarification auprès des familles à 7 $ par jour», s’indigne le président.

«Nous ne croyons pas que le personnel éducateur des CPE soit meilleur que le nôtre. Pourquoi le gouvernement du Québec a-t-il adopté une politique sur l’équité salariale entre les femmes et les hommes, alors qu’il met en place un système inéquitable pour le personnel d’un même réseau?», conclut-il.

Dans la catégorie: Société

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