Sans financement d’Ottawa, le Réseau canadien de l’environnement ferme ses portes
Hugo PRÉVOST
Lourde perte pour le milieu environnemental, cette semaine, alors que le Réseau canadien de l’environnement (RCEN) a dû licencier son personnel et s’apprête à fermer ses portes ainsi que celles de ses 11 bureaux régionaux au pays. L’organisme, qui se décrit comme l’une des plus anciennes, grandes et la plus respectée des institutions démocratiques du Canada s’occupant de préoccupation environnementales blâme Environnement Canada pour l’absence de communication concernant l’obtention de son financement pour l’année 2011-2012.
Réagissant par voie de communiqué, le Réseau affirme que ni le ministre de l’Environnement Peter Kent, ni ses fonctionnaires n’ont expliqué pourquoi ils n’avaient pas respecté leur promesse et livré le financement de base pour l’organisme, qui représente une section clé de l’étude environnementale au Canada.
«Le Réseau Canadien de l’Environnement a reçu une lettre d’Environnement Canada en mai de cette année en indiquant leur intention de poursuivre le financement de base d’un montant de 547 000 $ pour l’exercice en cours. En accord avec notre partenariat de longue date, plus de trois décennies, nous demandons à Environnement Canada d’honorer cette lettre», a déclaré Olivier Kolmel, président du RCEN.
Le Secrétariat des organismes environnementaux du Québec (SOEQ) a lui aussi réagi à l’annonce de la fin des activités du Réseau, affirmant que cette fermeture portera un dur coup à sa propre viabilité, qui se retrouve compromise.
Au dire du SOEQ, au cours de ses 34 années d’existence, le RCEN a joué un rôle de premier plan dans l’établissement d’un dialogue entre les groupes environnementaux et le gouvernement canadien. Toujours selon le Secrétariat, le RECN a rendu possible et a facilité la participation des organismes environnementaux aux différentes instances permettant à la société civile d’influer sur les politiques publiques. Cela contribue sans contredit à une législation qui reflète mieux les valeurs de la population, estime le SOEQ, qui dit ne pas comprendre la volte-face d’Environnement Canada.
Le RCEN, de son côté, réitère qu’il est composé de plus de 640 organisations, toutes différentes, qui constituent une grille de communication « inestimable » et « irremplaçable » pour les Canadiens « soucieux de l’environnement » et le gouvernement du Canada.
«Depuis les 34 dernières années, le RCEN a fonctionné comme le mécanisme formel à travers lequel les Canadiens contribuent à la politique, la législation et la gestion de l’environnement dans ce pays. Sans le RCEN, cette importante base communautaire des connaissances provenant des quatre coins du Canada sera perdue. Le sort de l’environnement sera mis en péril par la coupure de cette voix importante pour les canadiens et canadiennes», a déclaré Maggie Paquet, membre du Conseil d’administration du RCEN représentant la Colombie-Britannique.
Le RCEN demande instamment à Environnement Canada de renouveler son partenariat avec le Réseau et de « sauver cette importante institution canadienne en position critique ».
Rappelons que le gouvernement conservateur n’en est pas à ses premières réductions de coûts au sein de l’étude de l’environnement, et que d’autres coupes sont à prévoir en vertu de l’exercice d’amincissement financier décrété par les conservateurs afin de parvenir plus rapidement à l’équilibre budgétaire. Dans ce contexte, l’ensemble des ministères a dû planifier un plan de réduction comprenant une baisse des dépenses de cinq et 10 pour cent de leur budget.
Dans la catégorie: À la une • Science et Environnement
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