Crise économique : le secteur du microcrédit fait ses devoirs

Pieuvre.ca

Si l’industrie financière « classique » continue de subir le feu des critiques et des détracteurs par rapport au rôle qu’elle a joué dans le déclenchement de la crise économique de 2008 et des soubresauts subis par les marchés mondiaux par la suite, le secteur de la microfinance, lui, intensifie ses efforts pour prévenir le surendettement, rapporte un rapport du CGAP, le Consultative Group to Assist the Poor.

Photo : GreenEtVert.fr

Selon la publication diffusée vendredi, ces initiatives des services de microcrédit s’inscrivent dans le cadre d’une mobilisation visant à promouvoir une structure financière plus responsable, structure qui comprend des mesures de protection du consommateur censées aider la prévention du surendettement.

Le besoin d’intégrer rapidement le microfinancement sur de nouveaux marchés, explique l’organisme, est accompagné par une nécessité accentuée de favoriser l’accessibilité aux services financiers responsables, qui offrent les meilleurs avantages pour les plus démunis.

Dans un nouveau rapport, le CGAP souligne le fait que mettre l’accent sur le besoin de livrer des produits finaux responsables se traduira par l’adhésion des institutions microfinancières à des codes de conduite et à des règlements améliorés, ainsi que par une concentration des efforts sur la sensibilisation des consommateurs et l’agrandissement du pouvoir financier.

Selon la plus récente publication intitulée: Financement responsable: mettre les principes en pratique, le CGAP affirme que cette évolution sera aussi à l’avantage des institutions, de la même manière qu’une meilleure politique de protection des consommateurs assurera une loyauté renforcée de la part des consommateurs et en même temps, une demande accrue pour une gamme plus diversifiée de services financiers. Ces institutions qui ne réussissent pas à offrir une meilleure politique de protection des consommateurs risquent d’attirer l’implémentation d’une réglementation plus stricte sur leurs marchés et peuvent même perdre l’accès à des investisseurs qui ont deux objectifs principaux: aider les plus démunis et obtenir un meilleur taux de rendement, explique le document.

« Il existe une compréhension beaucoup plus réaliste maintenant sur la nécessité d’exiger de meilleurs contrôles internes pour les institutions de type « bureau de crédit » et, en même temps un règlement plus sain, et tout ça, dans l’effort d’offrir une structure financière responsable à 2,7 milliards de gens dont on limite actuellement l’accès aux comptes d’épargnes officiels ou à d’autres types de crédits », a déclaré Kate McKee, une des auteurs du rapport de CGAP.  « Les fournisseurs de microfinancement démontrent avoir appris qu’il faut faire davantage d’efforts pour protéger la base des consommateurs, et il ne suffit pas seulement de l’agrandir. »

Dans un nouveau rapport concernant le surendettement, le CGAP affirme que l’endettement trop excessif provoquerait la saturation des marchés du microcrédit. Les créanciers compétiteurs commencent à prêter aux débiteurs à risque élevé et peuvent devenir plus relaxés en ce qui concerne la gestion du risque et le contrôle interne. Tant qu’on néglige d’anticiper et de gérer ce type de problèmes, on verra éclater des crises et les créanciers souffriront à côté des débiteurs, estime le rapport.

Plusieurs institutions, ajoute le document, viennent de comprendre maintenant que le progrès a besoin d’une approche qui est sensible aux vulnérabilités spécifiques des clients les plus démunis.

Outre la solidarité pour le développement de l’évaluation compréhensive du crédit, poursuit le CGAP, les gouvernements et les autorités pourront aussi contribuer à l’amélioration du système de protection des consommateurs pour les débiteurs les plus démunis, grâce à des actions similaires à celles entreprises au Pérou; il s’agit notamment de nouvelles mesures législatives récemment adoptées, qui mettent en valeur l’équité et la transparence des marchés du crédit, assurant une compétition plus acerbe et une baisse des prix pour les produits financiers.

Cependant, le CGAP considère que la responsabilité devrait être partagée – entre les gouvernements et les autorités, les investisseurs, les fournisseurs de services financiers et leurs clients – afin d’assurer le résultat final promis par la microfinance: une opportunité offerte aux gens qui traditionnellement n’ont pas les moyens de construire leur propre futur basé sur leurs économies, prêts et assurances.

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