Duchess Says : prophète en son pays

Patrick ROBERT

Le groupe montréalais Duchess Says survolte nos oreilles depuis 2003 avec un mélange hypnotique de punk-rock et de claviers dansants. Après une Anthologie des 3 Perchoirs parue en 2008, ils lancent ces jours-ci In a Fung Day T!, un second album qui vient confirmer l’originalité viscérale et le talent de la formation. Pieuvre.ca en a profité pour poser quelques questions à Annie-Claude Deschênes, la chanteuse du groupe.

Duchess Says possède sa propre mythologie… L’album s’ouvre avec les paroles «This is the Church of Budgerigars». Peux-tu nous en dire plus sur cette Église?

ACD – C’est quelque chose qui a été créé il y a super longtemps, au début du vingtième siècle. J’ai trouvé des papiers chez ma grand-mère, on a lu là-dessus, comment ça se passait à l’époque, et on a décidé de faire revivre un peu cette Église-là. On a décidé de prendre le relais, si je peux dire. C’est un culte autour de la perruche… La perruche, c’est l’emblème de la « Church of Budgerigars », puis tous les gens qui en font partie dans le fond sont inspirés par cette perruche-là.

Votre musique est assez unique. Comment la décrirais-tu à quelqu’un qui ne l’a jamais entendue?

ACD – Pour moi, c’est vraiment du punk-rock, mais on utilise des claviers, donc ça serait du… Nous autres on dit du moog rock, parce c’est avec des claviers analogues, pis on fait du rock. C’est l’esprit qui est derrière ça qui est punk. Je pense que le côté punk se reflète plus dans nos shows, dans ce qui se passe avec la foule, comment on livre les chansons… Être punk, ça veut aussi dire ne pas se mettre de barrières, s’en foutre un peu… C’est supposé être un genre de philosophie dans le fond.

Comment faites-vous pour conserver l’énergie légendaire de vos spectacles lors des enregistrements en studio?

ACD – Ça a vraiment été le problème avec le premier album, parce qu’on essayait de recréer l’énergie qu’on avait live. Ça faisait un bout de temps qu’on avait composé nos chansons, on les jouait et elles étaient bien rodées. Quand on venait pour les enregistrer, ça ne fonctionnait pas, ça ne donnait pas le même impact. On a donc  enregistré trois fois notre premier album (rires). Mais pour celui-là, ça s’est bien passé, parce qu’on a travaillé avec du monde qui nous comprenait bien. Joseph Donovan et Adrian Popovich ont su nous mettre à l’aise en studio. C’était comme un terrain de jeu, on pouvait essayer de trouver des sons. J’étais même à l’aise de faire des performances… Quand il n’y a pas de public des fois, je suis moins dedans, mais là, je ne sais pas, c’était friendly comme ambiance et ça m’a donné le goût de performer.

On a parfois l’impression que les diffuseurs au Québec prennent moins de risques avec une musique qui est en dehors des moules. Est-ce que vous sentez la même chose à l’étranger?

ACD – Non. Je veux dire que je trouve qu’ici, au contraire, les gens nous diffusent beaucoup… On est allé à Musique Plus, à Radio-Canada, et les gens s’adaptent vraiment à ce qu’on fait. J’ai été surprise quand on est allés à Radio-Canada et qu’on a fait notre performance. Ils nous ont dit «faites ce que vous voulez, vous pouvez aller où vous voulez»… Pas tout détruire là, mais y’a pas de limites… Puis à l’étranger, je te dirais que c’est pas mal pareil…

Vous aimez faire des spectacles dans des lieux inhabituels. D’où vous vient ce goût pour porter la musique dans des endroits inusités?

ACD – C’est le fun d’essayer de décontextualiser le spectacle conventionnel de rock. Essayer de faire un show à six heures du matin sur le bord d’un lac pour voir quel effet la musique fait dans un autre contexte complètement (rires)… Moi, c’est quelque chose qui m’intéresse à la base, de voir l’impact. Jouer à six heures du matin quand t’es en camping avec deux cent personnes qui viennent de se réveiller, ce n’est pas la même histoire que quand tout le monde est saoul à onze heures le soir dans un bar… Je trouve que toutes les situations peuvent être intéressantes…

Est-ce que vous aller jouer dans des lieux étranges pour la tournée du nouvel album?

ADC – Sûrement qu’on va tester une couple d’affaires… Ce n’est pas encore déterminé, mais on va regarder ça…

 

SPECTACLES DE LANCEMENT DE IN A FUNG DAY T!

DUCHESS SAYS

Avec invité Le Monde dans le feu

JEUDI 13 OCTOBRE

Portes à 20 h – spectacle 21 h

Club Soda, 1225 St-Laurent, Montréal

Billet: $15.00 à l’avance / $18.00 à la porte ( taxes incluses + f.s.)

Billets en vente au Club Soda, Atom Heart, Cheap Thrills, L’Oblique, Phonopolis et sur le clubsoda.ca.

 

JEUDI 11 NOVEMBRE

Portes à 20 h – spectacle 21 h

Le Cercle, 228 St-Joseph Est, Québec

le-cercle.ca

Dans la catégorie: Culturel

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