Médiafilm+ invite à un voyage au septième art

Hugo PRÉVOST

Les cinéphiles et mordus francophones de cinéma en tous genres en ont désormais pour leur creuse dent avec le lancement du service Médiafilm+. Officiellement mis en ligne mardi, il s’agit d’une gigantesque salle d’archives numérique où l’on retrouve des informations détaillées sur pas moins de près de 60 000 films, depuis les débuts du septième art aux nouveautés récentes. Les parties de Quelques arpents de piège sont soudainement devenues plus faciles…

L'équipe de Médiafilm. Photo : Véro Boncompagni

Au bout du fil, le rédacteur en chef de Médiafilm.ca, Martin Bilodeau – également chroniqueur cinéma au Devoir – est bien heureux de l’aboutissement de longs mois de travail. La tâche a en effet été colossale, plusieurs dizaines de milliers de critiques, d’articles sur les films, les réalisateurs, les acteurs, etc., ayant dû être numérisés, puis passé à travers un logiciel de reconnaissance de texte avant d’être enfin mis en ligne.

« Il y avait une forte demande de la part des cinéphiles qui viennent sur Médiafilm d’avoir accès à l’ensemble des contenus de la base de données, celle-ci étant à accès restreint jusqu’à aujourd’hui en fonction de trois critères, soit les nouveautés en DVD, les films en salle et les films qui sont ou seront diffusés à la télévision, explique M. Bilodeau. Cette demande nous a amenés à penser qu’il y avait peut-être une idée là, et nous a donc forcés à colliger l’ensemble de l’information. »

Aux descriptifs imprimés dans les télé-horaires (Médiafilm.ca fournit déjà la programmation cinéma de la télé à l’ensemble des télé-horaires de la province) pour les films diffusés au petit écran se sont ajoutés les critiques, les synopsis complets, les notices biographiques des acteurs… un travail de titan, qui a débuté à l’été 2010, et qui a nécessité l’embauche de personnel supplémentaire. Dans la dernière année, ce sont donc 45 000 films qui sont venus s’ajouter à ceux déjà disponibles sur le site.

« Je suis très content de tout le travail qui a été accompli, poursuit M. Bilodeau. Toute cette connaissance est désormais préservée sur des serveurs et est accessible de partout. »

Le critique de cinéma se défend bien d’ailleurs d’avoir donné naissance à un clone d’IMDB, l’un des sites portant sur le cinéma les plus connus au monde. Selon lui, il n’est pas possible de retrouver les cotes des films sur IMDB, à l’exception de celles inscrites par les usagers. « Nous voulions vraiment mettre la cote à l’avant-plan, en utilisant la cote de 1 à 7 utilisée partout au Québec, et qui nous distingue sur la scène internationale. Nous sommes les seuls à utiliser une telle cote, d’autant plus que 1 signifie un meilleur film que 7. C’est devenu une marque. Au Québec, les gens la connaisse et la comprenne. »

Médiafilm+, qui est accessible en fonction d’un abonnement mensuel ou annuel, devrait faire ses frais sans trop de problèmes, avance Martin Bilodeau, qui explique avoir déjà obtenu une soixantaine d’abonnés depuis le lancement officieux du site, il y a un mois. « Nous comptons aussi beaucoup sur les clients institutionnels, les écoles, les facultés de cinéma, les universités… »

Au final, également, un partenariat pourrait être envisagée avec Télé-Québec, la Cinémathèque québécoise ou la Boîte Noire, le club vidéo de répertoire, pour favoriser la présentation ou la mise en vente de films longtemps oubliés. Après tout, explique M. Bilodeau, seuls environs 3000 à 3500 films sont diffusés en tous temps à la télévision, sur les 60 000 répertoriés par Médiafilm+, et certainement sur un nombre total encore plus grand. « C’est une question de droits de diffusion », souligne-t-il, avant d’ajouter que le fait d’avoir désormais accès à une base de données aussi vaste sur le cinéma pourrait fort bien pousser les cinéphiles à exiger la réédition de films, leur transfert sur DVD ou Blu-Ray, ou encore leur diffusion à la télévision.

 

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