S’embrasent revient sur les planches du Quat’Sous
Hugo PRÉVOST
La pièce S’embrasent était de retour en sol montréalais, jeudi soir, pour marquer la rentrée automnale du Théâtre de Quat’Sous. S’embrasent, mis cette fois en scène par Éric Jean et mettant en vedette Béatrice Picard, a ainsi réalisé une tournée québécoise et française qui lui a valu le Prix Bis-La Scène, un prix français remis à un spectacle québécois pour souligner son potentiel de diffusion dans l’Hexagone. La passion des amours adolescentes et humaines est donc venue déborder et exploser sur les planches du théâtre de l’avenue des Pins.
Les corps et les âmes vieillissent, mais le coeur semble demeurer éternellement jeune. Voudrions-nous qu’il en soit autrement? La possibilité de perdre ses moyens, de se noyer dans cette faiblesse des sentiments, la capacité d’aimer jusqu’à la mort… l’adolescence est décidément l’époque des coeurs qui battent la chamade et des noeuds dans l’estomac. S’embrasent met ainsi en exergue les désirs de cet âge autrement ingrat, avec une brochette de jeunes comédiens qui mettent en mots ces sentiments souvent plus forts que la pensée.
Autour de l’amour vécu par le « couple parfait », quatre comédiens, Francesca Barcenas, Christian Baril, Matthieu Girard et Talia Hallmona, explorent les aléas de l’amour, de la peur, de la haine, de la gêne, du désir, tous des sentiments vécus à froid à l’âge de l’adolescence. Si le texte vient chercher et dépeindre une réalité contemporaine aux adolescents d’aujourd’hui, on ne peut passer sous silence les très longs temps morts, où les comédiens vont bouger, sauter, danser, courir sur place, plutôt que de faire avancer le texte. Si les didascalies sont certainement essentielles au déroulement de l’action sur les planches des théâtre, une abondance de ces dernières vient casser le rythme et donne l’impression d’un dialogue décousu, mis en pièce.
Si S’embrasent vient certainement représenter de façon relativement efficace les troubles amoureux de l’adolescence – et à un âge plus avancé, la pièce aurait certainement gagné à offrir un dialogue plus important et moins d’interludes, surtout lorsque celle-ci ne dure qu’une heure.
Dans la catégorie: Culturel
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