Objectif Mars et au-delà pour la NASA

Hugo PRÉVOST

Après l’annonce, mardi, de la reprise progressive des vols automatisés et habités des engins spatiaux russes Soyouz, voilà que l’agence spatiale américaine, la NASA, dévoile en grande pompe le design et les caractéristiques de son prochain engin destiné à l’exploration du cosmos, le Space Launch System (SLS). Ressemblant très fortement à la fusée Saturn V, l’immense véhicule utilisé pour la conquête de la Lune, à l’époque de l’âge d’or de la NASA, le SLS représente, au dire de l’agence, la prochaine étape de l’exploration humaine au-delà de l’orbite terrestre.

Le SLS au décollage (image de synthèse). Photo : NASA

Alors que l’on croyait la NASA plongée dans un marasme après l’annulation, en 2009, du programme Constellation, puis de la fin, plus tôt cette année, du programme des vols de navettes spatiales, et encore de la suspension des lancements de l’agence spatiale russe,  l’agence gouvernementale a multiplié les annonces liées à la poursuite de son programme d’exploration.  La NASA a tout d’abord annoncé avoir choisi Virgin Galactic et son SpaceShipTwo pour effectuer des vols suborbitaux à bord desquels auront lieu des expériences scientifiques en apesanteur, puis a révélé le choix du prochain véhicule d’exploration.

Cette annonce vient d’ailleurs cimenter la nouvelle orientation de l’agence spatiale, dont les navettes, si spectaculaires et utiles aient-elles été, n’auront jamais dépassé l’orbite terrestre, alors que les sondes automatiques poursuivaient le travail au-delà. La NASA, en présentant le SLS, laisse donc officiellement la place aux vols spatiaux commerciaux en orbite basse, une orientation déjà annoncée depuis quelques temps. Le SLS servira d’ailleurs d’engin d’appui pour les services de transport commerciaux et appartenant à d’autres pays en direction de la station spatiale.

Au dire de Charles Bolden, l’administrateur de la NASA, ce système de lancement créera des emplois bien payés aux États-Unis, assurera la poursuite du leadership américain dans l’espace et inspirera des millions de personnes à travers le monde. M. Bolden a souligné que le président Barack Obama avait invité la NASA à innover, et que s’il était fier d’avoir volé sur la navette spatiale, les enfants d’aujourd’hui pouvaient désormais rêver de marcher sur Mars.

La fusée SLS comprendra des innovations technologiques du programme de la navette spatiale et du programme Constellation pour tirer parti de matériaux et d’équipements éprouvés et de technologies qui réduiront les coûts de développement et d’opération, précise l’agence. Le SLS empruntera entre autres le système de propulsion à hydrogène et oxygène liquides de la navette, ainsi que des fusées d’appoint à carburant solide pour les premiers vols.

L’engin pourra transporter une charge utile de 70 tonnes, qui pourra ensuite être augmentée à environ 130 tonnes. Le premier vol est prévu pour la fin de 2017, soit près de trois ans après le délai initial de 2015 imparti à la NASA pour développer son nouveau programme.

L’architecture du SLS sera également modulable, ce qui permettra d’ajuster la capacité de transport en fonction des besoins spécifiques des missions.

« Avec sa capacité de transport supérieure, le SLS étendra notre portée dans le système solaire et nous permettra d’explorer l’espace cislunaire, les astéroïdes près de la Terre, Mars, ses lunes, et au-delà. Nous apprendrons comment le système solaire s’est formé, d’où viennent l’eau et les matériaux organiques de la Terre, et comment la vie pourrait survivre dans des endroits éloignés de l’atmosphère terrestre, et repousser les limites de l’exploration humaine. Ces découvertes vont changer la façon dont nous comprenons les humains, notre planète et sa place dans l’univers », a fait savoir la NASA.

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