Publicité : Internet domine désormais les journaux

Hugo PRÉVOST

Le fait d’armes publicitaire n’était qu’une question de temps, et c’est maintenant chose faite : les revenus publicitaires en ligne au pays en 2010, chiffrés à 2,23 milliards $, dépassent désormais ceux provenant des quotidiens. L’annonce du Bureau de la publicité interactive du Canada (IAB), effectuée mardi, vient confirmer la croissance constante des revenus publicitaires provenant du web, et la décroissance des revenus des quotidiens.

Les revenus de la publicité sur Internet dépassent désormais ceux des journaux quotidiens

C’est d’ailleurs entre autres ce jeu d’inversion des sources de revenus qui avait plongé les médias dans leur fameuse crise, aux alentours de 2007 et 2008, et dont les effets se font encore sentir aujourd’hui. Ce sont ainsi plusieurs centaines de journaux qui ont dû fermer leurs portes en Amérique du Nord seulement, précipitant des milliers de journalistes au chômage.

La plus importante part des revenus publicitaires demeure malgré tout propriété des médias télévisés, indique l’IAB dans son rapport, bien que les revenus provenant d’Internet aient grimpé de 23 pour centre entre 2009 et 2010, affichant ainsi la plus forte progression du secteur, tous autres médias confondus.

Du montant de 2,23 milliards de dollars, environ 428 millions de dollars – ou 19 pour cent des revenus de la publicité en ligne – ont été touchés par des éditeurs en ligne et des réseaux publicitaires du marché francophone canadien, ce qui représente un taux de croissance semblable, de l’ordre de 22 pour cent d’une année sur l’autre.

Les revenus de la publicité en ligne ont également connu une très forte croissance de l’ordre de 85 pour cent, passant de 20 millions $ en 2009 à 37 millions $ en 2010. Les publicités par courriel et celles au sein des jeux vidéo ont cependant toutes deux connu un recul.

«Le fait que les revenus publicitaires en ligne aient franchi la barre des deux milliards de dollars et se situent au deuxième rang des dépenses publicitaires globales au Canada constitue, sans conteste, une étape charnière dans le monde du numérique au Canada», a déclaré Paula Gignac, la présidente d’IAB Canada.

Là où cette progression achoppe, c’est sur la question de la diversité des plateformes d’affichage. Contrairement aux médias traditionnels, où les publicités bénéficient d’une dizaine de supports, tout au plus, le web offre désormais des milliards de pages permettant d’afficher de la publicité, dont plusieurs dizaines de millions au Canada seulement.  Si les publicitaires ont désormais l’embarras du choix, les propriétaires de pages web, eux (dont beaucoup de médias possédant une vitrine Internet, ou carrément des médias Internet), doivent faire face à des prix extrêmement bas en raison de l’abondance de l’offre.

Cette abondance est d’ailleurs représentée par les revenus importants empochés par le géant de l’informatique Google en termes de publicité : selon James Gleck, du New Yorker Magazine, dans son texte How Google Dominate Us, l’entreprise de Mountain View, en Californie, aurait cumulé des revenus de 29 milliards $ US l’année dernière, dont 96 pour cent via la publicité affichée sur ses différents services.

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