Osheaga, ou les gens aux mains agitées
Josie DESMARAIS
Le Festival Osheaga s’est déchaîné, cette année encore, au Parc Jean-Drapeau, sur l’Île Sainte-Hélène. Trois jours de spectacles, de musique et de communion sonore auxquels Pieuvre.ca a pris part en y dépêchant une journaliste, qui nous dresse ici le compte rendu de sa fin de semaine passée avec des décibels plein les oreilles!
The High Dials
La journée de samedi débute sur la scène des Arbres pour les deux premiers spectacles. Caractérisé par un son de rock de garage joyeux avec une touche de folk, The High Dials offre une prestation sur un ton égal, sans moment vraiment accrocheur. La formule est efficace, on aime le côté rock classique, on en repart toutefois sans chanson mémorable en tête. Un plaisir éphémère. Il en sera autrement du groupe suivant.
Mother Mother
Avant même le début du spectacle, pendant les tests de son, la foule, très excitée, crie le nom des chansons les plus connues. Et elle sera servie. Le groupe arrive comme une tonne de brique et ne perd pas de temps en salutations. Simply Simple, Baby Don’t Dance, Ghosting… toutes leur chansons les plus connues s’enchaînent les une après les autres sans pause, sans prendre le temps de respirer. Les membres réussissent à garder cette incroyable énergie tout le long du 35 minutes qui leur sont allouées afin de jouer le plus de chansons possible. L’air féroce, Ryan Guldemond chante les dents serrées pendant que les chanteuses et claviéristes, Molly et Jasmin, dansent, sautent et utilisent tout le potentiel de leur voix fortes et mélodieuses. Cette tornade se termine avec les succès O My Heart et Hayloft, au grand bonheur des fans.
Sia
Assis à l’ombre dans les gradins ou sur le gazon de la scène Verte, Sia était exactement ce qu’il fallait pour se détendre un brin les jambes. Une musique douce et pop, pleine de soleil, s’élève accompagnant la merveilleuse voix groove de Sia Furler. Interprétant ses succès Soon We’ll Be Found et Breathe Me, Sia et ses musiciens, tous habillés de onepiece de couleurs lignées, ont fait danser quelque-uns de ses fans, le reste du public semblant planer béatement. À la fin du spectacle, une majorité des gens partent vers d’autres scènes. Tant pis pour eux, notre journaliste en profite pour me rapprocher et attendre sagement le prochain artiste, un de ses préférés du festival.
Yoav
Seul devant la scène, accompagné seulement de sa guitare un peu abimée et d’une pédale de mixage, l’artiste israélien Yoav parvient pourtant à recréer tous les éléments nécessaire à une musique pop/electronica entraînante. Tapant les rythmes sur sa guitare acoustique, tirant sur les cordes pour créer divers effets, Yoav enregistre d’abord les sons qu’il aura besoin sur une pédale. Il utilise ensuite le tout pour chanter sur cette musique envoutante, pleine de basses profondes. Sa technique originale fonctionne à merveille et le public en redemande. Yoav aura le temps de jouer les meilleurs morceaux de son premier album Charmed and Strange. Un peu perfectionniste, il corrige de temps à autre le volume de ses échantillons, voire jusqu’à recommencer quelques fois son extrait de basse. Il réussit à ne pas perdre l’intérêt de la foule qui est enthousiaste alors que Yoav annonce qu’il a le temps pour une dernière chanson. Malheureusement, l’équipe technique du festival le corrige et lui annonce que le temps est écoulé. «This is a major anti-climax!» lance-t-il avant de quitter, l’air penaud. Très apprécié à Osheaga (depuis sa première apparition sur la scène montréalaises en 2008), on lui pardonne sa finale en queue de poisson et la foule l’applaudit chaudement.
Death From Above 1979
Et la journée de samedi se termine avec des cris, du bruit, de l’euphorie! Cinq ans ont passé depuis leur séparation, revoici enfin les deux membres de DFA ensemble sur scène. La folie est la même, malgré un peu de difficulté à donner autant sur scène : «Être surhumain quand tu as 22 ans, ça va. Mais essaie d’être surhumain quand tu as 32 ans!», ironise Sébastien Grainger, chanteur et batteur. L’ambiance sur le parterre est électrisante pendant que le duo se déchaîne et s’époumone.
Typhoon, Frightened Rabbits et Eels
Avant-midi dominical d’indie-rock bien agréable sous la musique des scènes principales. Le soleil est encore une fois au rendez-vous et quelques coups de boyau d’arrosage viennent rafraichir la foule en plus de la dynamiser un peu.
Beirut
On pouvait sentir que le groupe était très attendu, la foule s’étant placée en avance pendant le spectacle précédent sur la scène d’à côté. Zach Condon, maintenant accompagné de tout un orchestre, chante ses ballades aux sonorités balkanaises devant les spectateurs charmés. Ils le seront encore plus quand il s’exprimera dans un français impeccable entre les chansons. Même les quelques difficultés techniques n’arrivent pas à lui enlever son sourire et il réussira tant bien que mal à jouer de son fameux ukulélé.
Pieuvre.ca reste encore un peu pour The Tragically Hip et Death Cab for Cutie, mais bientôt, les jambes de notre journaliste n’en peuvent plus. Ce septième festival Osheaga aura été une grande réussite, avec un record de spectateurs et une météo formidable.
Dans la catégorie: Culturel
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