Journalisme : Le Trente contemple son avenir

Hugo PRÉVOST

Troubles, difficultés et passage à vide : depuis environ un an, le magazine Trente, la publication des journalistes de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), vit des moments ardus. Perte de revenus publicitaires, départs en chaîne du magazine, réduction du nombre de parutions… le mauvais sort s’est acharné l’an dernier sur la seule publication papier se penchant sur le milieu du journalisme, mais la lumière pourrait bien commencer à apparaître au bout du tunnel; avec une nouvelle rédactrice en chef et une nouvelle stratégie multiplateforme, le Trente semble avoir encore de l’énergie et de la volonté pour offrir de l’information sur le métier qui emploie plusieurs milliers de personnes, et ce uniquement au Québec.

Le Trente de mai 2010. Les temps sont troubles pour le magazine.

Au bout du fil, la nouvelle rédactrice en chef du Trente, Lise Millette, est confiante de pouvoir redresser la barre. Journaliste à La Presse Canadienne, elle faisait déjà partie du comité de transition en janvier, lorsqu’elle a posé sa candidature pour devenir rédactrice en chef. « Nous devions trouver une façon de rendre le tout viable, intéressant, et toujours pertinent« , explique-t-elle.

Selon Mme Millette, il est essentiel de redéfinir le mandat du magazine tout en conservant une certaine continuité. Si d’autres rencontres doivent encore avoir lieu avec des personnes impliquées dans la refonte du Trente, la nouvelle rédactrice en chef donne toutefois quelques informations sur les idées qu’elle a en tête pour la publication. Ainsi le Trente demeurera un « rendez-vous » aux trois mois, mais la « conversation » se transportera également ailleurs, sur de nouvelles plateformes.

Puisque le magazine continuera de n’être publié que trois fois par année, Lise Millette veut en profiter pour peaufiner les textes et publier des dossiers développés sur différents aspects et questions du journalisme. « Voilà le chemin que j’aimerais voir le Trente emprunter », explique-t-elle, avant d’ajouter qu’après 10 années passées à collaborer à divers niveaux au magazine, elle ne veut surtout pas le voir disparaître.

La version en ligne du Trente, qui profitait depuis environ un an d’un blogue entretenu par une petite équipe, ne sera pas non plus rayé de la carte numérique, même si son succès a été mitigé, admet Lise Millette. D’autres projets sont également à l’étude, comme des 5 à 7 pour rassembler des journalistes pouvant ainsi discuter des grands sujets de l’heure.

Et comment se porte le journalisme québécois aux yeux de cette nouvelle rédactrice en chef? « Le journalisme se cherche une vitalité… nous parlons depuis si longtemps d’une transformation que nous ne voyons peut-être plus que nous sommes au coeur de celle-ci. C’est clair que certaines choses devront être redéfinies, mais le journalisme n’est pas mort; il y a certes diverses voix, et nous assistons peut-être à une renaissance du militantisme politique au sein de certains médias, et ce sera à nous, journalistes, de décider où nous voulons aller, où nous voulons trouver notre propre niche, même si ce n’est pas tout le monde qui semble savoir où l’on s’en va. »

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