Livres – Une double disparition pour Chrystine Brouillet

Hugo PRÉVOST

Perdre son enfant est un drame terrible, tout particulièrement pour la mère; une vie disparaît, d’autres s’écroulent, et la police remuera habituellement ciel et terre pour retrouver l’être cher. C’est sur cette prémisse que se base Chrystine Brouillet pour écrire son plus récent roman policier, Doule disparition, publié aux éditions de La courte échelle. Dans cette nouvelle enquête de l’inspectrice Maud Graham, Mme Brouillet conjugue disparition d’enfant et réunification familiale dramatique pour créer une histoire double passablement solide, mais qui finit malheureusement par s’essouffler avant la fin du livre.

La petite Tamara a disparu, enlevée dans un centre commercial. Dépêchée sur place, l’inspectrice Graham est ainsi plongée dans une course contre la montre pour retrouver la petite, alors que sa propre vie familiale est toujours aussi turbulente. À cela s’ajoute Trevor, dont la mère – adoptive, découvrira-t-il – vient de mourir. Désoeuvré, seul, il se mettra à la recherche de sa mère biologique, sur fond d’histoire familiale liée au gangstérisme.

Jouant habilement sur les deux tableaux, l’auteure tient un rythme relativement rapide pendant la quasi-totalité du livre, alors que les policiers mettent les bouchées doubles pour retrouver le plus rapidement possible l’enfant disparue. En ce sens, d’ailleurs, Mme Brouillet a choisi, cette fois, de ne pas offrir au lecteur la vision des événements tels que vécus par l’ensemble des protagonistes, comme cela avait été le cas dans son dernier livre, Sous surveillance, où la possibilité de connaître tous les faits et gestes des personnages nuisait quelque peu au plaisir de la découverte.

Une fois que l’auteure met fin à l’une des deux lignes narratrices, cependant, le scénario semble tourner légèrement à vide, et les personnages semblent avoir de la difficulté à faire progresser la structure narrative vers une conclusion satisfaisante; ou, plutôt, il ne semblent pas en mesure de faire progresser ladite structure assez vite pour conserver ce momentum littéraire acquis depuis le début du roman.

Double disparition, au final, offre donc quelques bons moments littéraires, mais rien qui, malheureusement, ne fasse s’agripper le lecteur à son livre comme si sa vie en dépendait. Pas de sueurs froides à l’idée que le tueur soit quelque part, près du héros, en train de rôder sournoisement; le lecteur aura plutôt hâte que le tout se termine, estimant que les personnages semblent à bout de souffle.

Double disparition, publié aux éditions de La courte échelle, 305 pages.

Dans la catégorie: À la uneCulturel

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