Problème à l’horizon pour les entreprises de télécommunications

Hugo PRÉVOST

Les entreprises de télécommunications sans-fil de la planète se retrouvent face au mur, et pourraient voir les coûts supplanter les revenus d’ici quatre ans. Voilà les prévisions de la firme Juniper Research, qui a publié mercredi un rapport alarmant sur l’état du marché mondial de la téléphonie cellulaire. L’entreprise va même jusqu’à faire état d’un «scénario cauchemardesque» pour ces compagnies qui, malgré des revenus risquant d’atteindre 1000 milliards $ US d’ici quelques années, doivent ainsi mettre en place des actions draconiennes pour corriger le tir.

Les revenus se stabilisent, voire décroissent dans certains marchés, avance tout de go la firme de recherche. La cause? La saturation des marchés, tout d’abord, puisque près de cinq milliards d’êtres humains utilisent aujourd’hui un téléphone sans-fil. L’accroissement de la demande en bande passante, ensuite, représente également un énorme problème pour les fournisseurs. La popularité des services vidéo et de la navigation Internet, qui a fait doubler l’usage du trafic cellulaire en 2010, devrait exploser par un facteur de 13, d’ici 2015.

Le rapport soutient toutefois que les fournisseurs auront l’occasion de développer de nouveaux marchés et de faire augmenter leurs revenus en offrant davantage de forfaits intégrant la navigation Internet et la téléphonie, forfaits qui comprennent une vaste gamme de produits pouvant être facturés en sus. Certains services Internet, tel que l’infonuagique, la finance et le partage de fichiers pourraient également représenter des avenues intéressantes pour les fournisseurs de service cellulaire.

Selon l’auteur de l’étude, le Dr Windsor Holden, il n’existe cependant pas de solution «fourre-tout», puisque les conditions varient grandement en fonction des fournisseurs, et ce même dans un marché identique.

Le rapport suggère également d’adopter des technologies plus vertes en raison de la hausse des coûts des hydrocarbures.

De leur côté, les fournisseurs canadiens ont participé cette semaine à un forum, à Toronto, pour discuter des éventuels changements que le gouvernement canadien pourrait apporter aux règles de propriété étrangère des entreprises de télécommunications; le président de Roger Sans-fil en a d’ailleurs profité pour déclarer que la prochaine enchère de bandes de fréquences ne devrait pas faire l’objet d’une discrimination positive en faveur des nouveaux joueurs sur le marché, mais devrait plutôt être «égalitaire», par égard aux entreprises déjà établies. Selon Rogers, il s’agirait d’un impératif pour garantir le meilleur accès possible au réseau à haute vitesse de «quatrième génération».

Lors de la dernière enchère de ce type, en 2008, la majorité des bandes de fréquences avaient été acquises par les entreprises déjà établies au Canada, malgré l’apparition, en quatrième place en ordre d’importance, de Globalive, qui faisait alors son entrée sur le marché.

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Commentaires (1)

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  1. Les demandes de Wind et Vidéotron sont outrageuses selon moi. Il s’agit de joueurs aussi, sinon plus, riches que Bell, Rogers ou Telus. Une enchère ne favorisant aucun groupe de fournisseurs est à l’avantage des Canadiens.

    (Non, je ne balance pas de chiffres. On est vendredi et on veut tous bien dormir ce weekend. Moi inclus.)

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