FTA – Danser la mort pour vivre la vie

Hugo PRÉVOST

Danser pour la vie, danser pour la mort; danser sous les notes de musique, danser sous les bombes. L’Espagnol Israel Galván fait danser son âme au rythme du staccato des explosions et des claquements de mains, et emporte un Théâtre Maisonneuve plein à craquer sur le chemin de la perdition et de l’Apocalypse dans El Final de Este Estado de Cosas, Redux, présenté dans le cadre du Festival Trans-Amériques.

Photo : FTA

Le flamenco a toujours été une danse séduisante, mais également une évocation dangereuse de la mince frontière entre la violence de l’existence et la force de l’attraction entre le danseur et son partenaire, qu’il s’agisse d’une danseuse ou d’une salle entière, comme c’était le cas dans le spectacle présenté vendredi soir.

La solitude, tout d’abord : M. Galván danse, seul, sur une scène déserte plongée dans le noir. Viens ensuite une vidéo de l’une de ses élèves, qui danse pour faire oublier la guerre au Liban, qui s’est retrouvé sous les bombes israéliennes en 2006.

Les turbulences, ensuite : Israel Galván danse ensuite sur une plate-forme mobile qui rebondit, plie, cogne, résonne. Une façon pour lui de représenter la guerre, le conflit, confie-t-il en entrevue à l’équipe du FTA. Le tout sur fond de musique tzigane à laquelle se mélange des influences berbères, arabes. Sans doute un symbole du mélange des cultures survenue dans le sud de la péninsule ibérique.

La plongée aux enfers, par après : Galván ne recule devant rien pour explorer les avenues plus sombres de la danse en se costumant en femme, dans une séquence peut-être trop exploratoire pour l’amateur moyen. Il n’empêche qu’il s’agit d’une découverte fascinante du milieu de la danse contemporaine, avec une forte dose latine. Galván envahit l’espace de danse, bouge, détruit, reconstruit (l’espace et lui-même), fait littéralement exploser le carcan habituellement imposé aux danseurs de flamenco; nulle rose entre les dents ou robe fourreau noire.

L’Apocalypse, enfin : sur scène, quelques cercueils en bois brut. Le spectateur sait évidemment comment le tout va se terminer, mais ne peut détacher ses yeux des danseurs et musiciens qui, jusqu’à leur fin, continueront d’exprimer par leur corps, par leur voix, par la musique, leur désir paradoxal de vivre, de faire exploser leur humanité et leur existence pour laisser cet héritage culturel comme preuve de leur passage sur cette terre.

El Final de Este Estado de Cosas, Redux, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, rejoué dimanche soir.

Dans la catégorie: CulturelFTA 2011

Mots-clef: , , , , , , , , , , , , , , ,

Répondez




Afin d'ajouter une photo à vos commentaires, veuillez obtenir un identifiant Gravatar.