Beauté et tragédie de la vie de bohème à Paris

Hugo PRÉVOST

Ah, Paris… L’Opéra de Montréal effectuait samedi soir un détour par la Ville Lumière où tant d’artistes ont tenté leur chance, où tant de couples tombent en amour, et où se noue la douloureuse trame du destin. Pour clore sa saison 2010-2011, l’Opéra de Montréal a donc ainsi décidé de présenter un classique, La Bohème de Giacomo Puccini. À l’aide des décors d’Olivier Landreville et de la mise en scène d’Alain Gauthier, les amateurs du genre ont ainsi pu apprécier une oeuvre déjà fort connue dans le milieu, mais qui gagne à être revisitée de temps en temps afin d’apprécier à nouveau la justesse de son interprétation.

Photo : Opéra de Montréal

Parcours sans faute, mais aussi sans risques; il faisait bon entendre une distribution presque entièrement québécoise et canadienne, samedi dernier, même si La Bohème s’inscrit effectivement dans la lignée classique des opéras de la fin du 19e siècle. Une rencontre, la séduction, puis l’amour, et enfin la mort. Si le parcours du scénario est connu, la performance des interprètes faisait plaisir à voir – et à entendre, il va sans dire. Chapeau tout particulièrement aux quatre principaux protagonistes, la soprano Marianne Fiset, le ténor Antoine Bélanger, le baryton Étienne Dupuis et la soprano Lara Ciekiewicz, qui ont livré une performance scénique et musicale remarquable. Il y a bien eu quelques rares instants où le chant a été enterré par l’orchestre, mais le tout est sans doute attribuable à l’éloignement des chanteurs en fond de scène.

D’ailleurs, il n’y a que du bien à en dire, de cette scène : avec un décor semi-amovible et d’astucieuses toiles de fond et éclairages, les spectateurs voyagent dans un Paris digne de L’Assomoir, d’Émile Zola. Cette même astuce scénique donne une profondeur supplémentaire à la scène de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, ce qui n’est pas de trop. Cette ingénieuse disposition du décor permet également d’offrir un troisième acte tout simplement superbe, où Mimi (Marianne Fiset), Rodolfo (Antoine Bélanger) et Marcello (Étienne Dupuis) partagent un numéro de chant réglé à la perfection.

Le dicton a beau dire qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, il faut tout de même un très grand talent et une excellente maîtrise pour réussir à exécuter un tour de force semblable à celui de La Bohème.

La Bohème, joué jusqu’au 4 juin à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

Dans la catégorie: Culturel

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