Strictly Whatever : la vie, la mort, la guitare

Hugo PRÉVOST

Il y a quelque chose de satisfaisant et de rassurant à savoir que la bonne musique n’est heureusement pas un art qui se perd. À travers la déferlante de mièvreries pop, il y a encore des artistes qui suent sang et eau pour offrir un excellent produit qui vient souvent dans un emballage humble, soit une simple pochette de carton coloré. Force est de constater que Strictly Whatever d’Harry Manx et Kevin Breit, s’inscrit dans cette veine. Éclaté, coloré, porté par deux maîtres de la guitare, le disque, qui sera dans les bacs dans environ une semaine, le 24 mai, tombe à pic.

L’objet, forcément circulaire, a malgré tout certains airs de cadeau musical non-identifié. Du Blues et du country, d’abord, on s’évade ensuite avec du ukulele, voire du rock – en balade, du moins… et est-ce un soupçon de jazz qui perce dans certaines chansons? Quoi qu’il en soit, le tout donne l’impression de pouvoir respirer une bonne bouffée d’air chargé de poussière le long d’une route du désert américain, bien qu’il s’agisse de deux musiciens canadiens. Devrait-on alors parler de poussière des Rocheuses ou d’une route des Prairies? Tout y est pour satisfaire les amateurs du genre : les voix rauques, la guitare – et même une slide guitar -, les chansons sur l’amour, la religion, la famille…

Au fil des pièces, on a l’impression que MM. Manx et Breit ont la vie dans les doigts, qu’ils se doivent de jouer pour continuer à respirer, que ce n’est pas un coeur qui bat dans leur poitrine, mais une guitare dont les notes s’écoulent vers un coucher de soleil perpétuel. Un puissant antidote à cette pitoyable excuse que Dame Nature a trouvé pour remplacer le printemps.

Strictly Whatever, sous étiquette Stony Plain.

Dans la catégorie: Culturel

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