Beethoven, le temps, la nature et des frissons
Martin Prévost | 30 avr 2011 | Aucun commentaire
Martin PRÉVOST
C’est à une grande soirée Beethoven que nous avons assisté, le 27 avril, à la Place des Arts, avec l’OSM, Kent Nagano et… David Suzuki. En tant que soliste invité, comme l’a présenté maestro Nagano, l’environnementaliste Suzuki n’est pas de la sorte qu’on rencontre souvent aux côtés d’un orchestre mais personne ne s’en est plaint, au contraire. Les propos du défenseur de la nature ont fait corps avec le programme. Il s’agit là d’une autre belle initiative comme l’OSM nous en présente régulièrement depuis la venue de Nagano à sa tête.
En début de programme musical, la Grosse fugue, op. 103, a donné l’occsaion aux musiciens de montrer à quel point ils sont à l’écoute du chef car ce n’est pas la ligne mélodique qui domine dans cette oeuvre mais bien la superposition des voix. Ce n’est certes pas la musique de Beethoven la plus accessible mais le public a semblé apprécié cette expression révolutionnaire et avant-gardiste du maître.
Comme pièce de résistance, le directeur artisitque de l’OSM a choisi la 8e symphonie. Dès les premières mesures, ont sent que Nagano y met sa touche. Si on compare son interprétaton avec une célèbre version de référence, celle de Karayan, en 1963, elle est plus rapide et plus lente à la fois. Résultat, ça donne encore plus de vie à cette pièce qui n’en manque pas.
Autre surprise lors de cette soirée, la qualité du son qu’on percevait à la corbeille. Était-ce dû à la position de chacune des sections? Quoi qu’il en soit, chaque pizzicatto des contrebasses arrivait à nous toucher au ventre, chaque crescendo des cors à nous faire frissonner. On ose à peine imaginer le trouble qui nous risque de nous habiter lorsque le grand orchestre montréalais sera logé à sa nouvelle enseigne…
Au dessert, toute en nature et en éternité, la 6e symphonie, dite Pastorale. Et c’est un printemps qu’on aurait voulu voir durer toujours qui nous a été servi. Pour citer Nagano, «chaque fois qu’on joue une oeuvre de Beethoven, elle est différente». Eh bien, mercredi soir, après le premier mouvement de la denière oeuvre au programme, on aurait eu envie de dire: Monsieur Nagano, s’il-vous-plaît, pourriez-vous rejouer ce mouvement exactement de la même manière?
Dans cette oeuvre qui donne une chance aux alti de se faire valoir, l’OSM n’a pas laissé passer l’occasion d’en profiter et ce sont des vagues chaleureuses et des envolées puissantes qui nous sont parvenues de la droite du chef d’orchestre. De leur côté, les hautbois, bassons, flûtes et cors ont tous eu leurs moments privilégiés et, mises à part une ou deux attaques hésitantes, ont fait honneur à la vision céleste et honirique du compositeur amoureux de la nature. C’est donc peu de dire que l’OSM, Nagano et Beethoven font vraiment bon ménage.
Dans la catégorie: Culturel
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