Rapport du G8 : le NPD revient bredouille, le PLC blâme les néo-démocrates

Hugo PRÉVOST

Peu importe les pressions effectuées par les chefs de partis politiques, le rapport tant attendu de la vérificatrice générale sur les dépenses entourant le sommet du G8 à Muskoka ne sera pas publié avant le retour en Chambre du Parlement. Voilà l’essence de la réponse transmise par  Sheila Fraser aux cinq principales formations politiques, réponse reprise par le Parti libéral (PLC) et le Nouveau Parti démocratique (NPD) dans un courriel envoyé mercredi soir à leurs commettants respectifs. Le PLC en a cependant profité pour attaquer son adversaire néo-démocrate.

Le premier ministre Stephen Harper lors du sommet du G8. Photo : EconomicSummits.info

Dans son message, le PLC souline d’abord l’importance de la pétition en ligne lancée par le groupe d’activisme Avaaz.org, qui visait à recueillir 75 000 signatures demandant à Mme Fraser de devancer la publication du rapport afin que le contenu de celui-ci soit connu avant la fin de la campagne électorale. Le PLC réitère d’ailleurs son intention de demander une enquête criminelle sur les dépenses du G8, et plus précisément sur une somme de 50 millions $ qui auraient été investis dans le comté ontarien du ministre conservateur Jason Kenney.

Les troupes de Michael Ignatieff avancent toutefois que le rapport aurait pu être publié avant le déclenchement du scrutin, mais qu’une motion en ce sens a été battue au Comité permanent des comptes publics par le NPD, les députés de ce dernier affirmant qu’ils avaient besoin d’une période de 48 heures pour la réviser. Moins de deux jours plus tard, cependant, le gouvernement Harper tombait sous le coup d’une condamnation pour outrage au Parlement et de la perte de confiance de la Chambre qui en a découlé, repoussant la publication du rapport à la reprise des travaux parlementaires.

Dans leur courriel, les libéraux se réfèrent entre autres à un article publié sur le site Internet canada.com, et dans lequel un député néo-démocrate défend sa décision de ne pas voter en faveur de la motion. David Christopherson, député de Hamilton Centre, en Ontario, affirme ainsi que les changements parlementaires sous-entendus dans la motion présentée par les libéraux et appuyée par le Bloc québécois «ne respectaient pas les traditions démocratiques, ni n’étaient respectueux du Bureau de la vérificatrice générale», ajoutant que «l’hypocrisie du geste était trop grande».

Puisque la motion n’était pas unanime, elle aurait nécessité un vote au sein de la Chambre des communes. Le gouvernement étant tombé le lendemain, elle n’a donc jamais pu être discutée par l’ensemble des députés.

De son côté, le courriel envoyé par le bureau de M. Jack Layton affirme que le chef du NPD a fait tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir la publication du document, ce que Mme Fraser a refusé, tel qu’elle l’avait déjà fait le 13 avril dernier.

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