Élections fédérales 2011 : accueil mitigé pour une annonce libérale en logement social
Hugo PRÉVOST
Les réactions n’ont pas tardé à fuser, dimanche, après que le chef libéral Michael Ignatieff soit devenu le premier dirigeant d’un parti politique fédéral à annoncer ses intentions en matière de logement abordable et social. Promettant une somme de 275 millions par année pendant deux ans, M. Ignatieff a vu son annonce saluée et reconnue, récoltant les fleurs – mais aussi le pot, de la part de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
Le premier des deux organismes a rapidement qualifié cette annonce d’utile pour « aider les villes et les collectivités à corriger les déficiences croissantes du système de logement », soulignant que cela représenterait des investissements supplémentaires de 70 pour cent dans les programmes de logement fédéraux, permettrait de resserrer la coopération entre tous les ordres de gouvernement et aiderait les municipalités « à assurer un toit aux 40 000 Canadiens qui passent nuit après nuit dans des refuges d’urgence ».
La FCM poursuit en affirmant qu’il est essentiel de garantir l’accès à ces investissements à long terme afin de réduire l’itinérance et de loger les nouveaux travailleurs nécessaires pour stimuler la croissance économique. Selon la fédération, « garanti par des engagements financiers soutenus et un nouveau partenariat entre les trois ordres de gouvernement, un tel plan pourrait éliminer l’itinérance, stimuler la construction de logements locatifs et assurer le réinvestissement dans la mise à niveau de 600 000 logements sociaux vieillissants ».
Cet enthousiasme n’est cependant pas partagé par le FRAPRU qui, s’il se dit soulagé que le Parti libéral (PLC) soit le premier parti fédéral à faire connaître ses engagements en matière de logement, trouves ceux-ci « beaucoup trop minces, compte tenu de l’ampleur des problèmes de logement et d’itinérance ».
Selon le FRAPRU, la part des 275 millions $ promis qui serait versée à Québec permettrait tout juste au gouvernement provincial de subventionner 900 logements par année dans le cadre de son programme AccèsLogis, ce que l’organisme considère comme « beaucoup trop peu ». L’organisme estime que 261 000 ménages ont des besoins pressants en termes de logement au Québec, selon les chiffres du gouvernement fédéral. Toujours selon ces données, 156 000 ménages locataires seraient en difficulté à Montréal même.
Enfin, le FRAPRU considère « extrêmement ambïgue » l’appellation « logement abordable » utilisée dans la plateforme libérale, et réclame donc que le PLC bonifie et clarifie ses engagements en habitation.
Rappelons que le FRAPRU s’en était déjà pris au Parti conservateur en matière de financement du logement social, dénonçant les dépenses d’au moins 15 milliards $ pour des avions de chasse, tout en interrompant le financement fédéral pour le logement abordable.
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