Un compositeur, un pianiste, et des Hommes
Hugo PRÉVOST
On croyait, la semaine dernière, que l’art du piano avait été perfectionné par Stephen Hough, qui interprétait, le 23 février dernier la Rhapsodie sur un thème de Paganini, opus 43 pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Mardi soir, pourtant, c’est Simon Trpceski qui a de nouveau relevé la barre en jouant le sublime deuxième concerto pour piano de Rachmaninov en do mineur. L’OSM offrait ainsi un second excellent concert en deux semaines, pour le plus grand plaisir des amateurs.
Sous la direction du chef Robert Spano, de l’Orchestre symphonique d’Atlanta, l’OSM a ainsi attaqué avec une oeuvre de John Estacio, Borealis, pièce canadienne de rigueur, a déclaré Claude Gingras, de La Presse. Rigueur, vraiment? Quoi qu’il en soit, cette oeuvre, au demeurant fort accessible, montrait un chef en pleine possession de ses moyens, et un orchestre tout aussi en forme, avec une composition faisant immédiatement penser à de la musique de film. Le second mouvement, d’ailleurs, offrait un peu plus de vigueur, et le tout a relativement bien préparé la salle pour la suite. Et quelle suite!
Prenant place au piano, Simon Trpceski a entamé son interprétation avec virtuosité, et peut-être un brin de nervosité. Malheureusement enterré sous la musique de l’orchestre en tout début de parcours, le pianiste macédonien a vite repris le dessus et offert une performance plus qu’impressionnante, particulièrement lors des passages plus lents. Sa maîtrise du second mouvement, d’ailleurs, est digne de mention, tant l’artiste excelle à nous faire voyager, emmenant avec lui l’ensemble de l’OSM, le tout sur les airs du fameux compositeur russe. Trpceski a d’ailleurs brillé par sa capacité à répéter, près d’une cinquantaine de fois, le thème central orchestré par Rachmaninov, à un tel point que le public ne faisait pas que l’apprécier, mais attendait littéralement son retour. Toujours quelque peu nerveux, l’homme a néanmoins brillamment complété son jeu, sautant même de son siège en fin de parcours pour étreindre le chef. Ovation debout, il va sans dire, devant une telle maîtrise. Peut-être une maîtrise légèrement moins perfectionnée que celle de Stephen Hough, mais certainement plus subtile, plus brute.
En dernière partie, la cinquième Symphonie en mi bémol majeur de Siblius est venue conclure en beauté cette superbe soirée, d’un classicisme certain, mais qui apporte tout autant de plaisir. Peut-être un spectacle sans l’audace nécessaire pour briller parmi les impérissables de l’OSM, mais certainement une soirée à garder en mémoire, toute en fredonnant une certaine mélodie…
Dans la catégorie: Culturel
Mots-clef: chef d'orchestre, classique, concert, concerto pour piano, estacio, musique, musique classique, orchestre symphonique de montréal, osm, place des arts, rachmaninov, robert spano, sibelius, simon trpceski
