Petit détour européen fort appriécé pour l’OSM

Martin PRÉVOST

Le 8 février dernier, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts, Marc Piollet était le chef invité de l’OSM pour un concert tout européen. Au programme : du Weber, du Beethoven et du Bartók. Autre invité très attendu, le jeune pianiste américain, Jonathan Biss.

Carl Maria von Weber

Dès la première œuvre, l’ouverture de l’opéra Der Freischütz, de Carl Maria von Weber, les musiciens et leur chef nous ont démontré qu’ils savaient travailler ensemble. Dans une suite presque ininterrompue de mélodies, parfois courtes, souvent enlevantes et ponctuées de changements de rythme parfois surprenants, nous avons eu droit à toute la couleur, la délicatesse et la finesse que commande Weber, l’auteur de la célèbre Invitation à la valse.

Vint ensuite la pièce qui donnait son nom au concert de ce soir-là, le concerto pour piano no. 3 de Beethoven. Cette offrande pour pianiste virtuose, aurait dû mettre en vedette monsieur Biss mais c’est plutôt l’orchestre qui a miroité de tous ses feux. Très sollicités par Piollet et par le rythme anormalement rapide choisi par le pianiste, les musiciens ont fait preuve d’une extrême discipline. On pouvait entendre nettement chacune des sections, même lorsque le tempo accéléré demandait un surplus d’effort. Dès cette deuxième œuvre de la soirée, les bois ont pris une longueur d’avance dans la course au titre de meilleure section du jour.

Pendant ce temps, au clavier, Jonathan Biss nous montrait qu’il possède un grand talent. Mais les choix qu’il a faits ne nous ont pas émerveillés. À certains moments, il s’est complu dans les extrêmes : tantôt trop de pédale; tantôt trop de vitesse (bravo à l’orchestre pour l’avoir suivi); tantôt des accents trop forts, surtout dans les notes piquées lorsque la main gauche survolait la droite pour flirter avec la clé de sol. Pourtant, il a si bien su reproduire la fluidité qu’exige les longs phrasés qui font de cette œuvre une des plus belles pièces du répertoire classique… euh… romantique? Des deux, en fin de compte. Beaucoup de sensibilité chez monsieur Biss mais trop de bruit avec ses pieds. Bravo pour ses tempi lents dans les soli mais un hélas bien senti pour ses ornements un peu avalés. Il nous est finalement apparu tel un virtuose un peu tendu.

Pour terminer la soirée en beauté et en puissance, le concerto pour orchestre de Bartók, Béla, comme disent les Hongrois. Le titre très simple de cette œuvre composée en 1943, nous dit tout. En effet, concerto POUR orchestre, dans le sens de : composé pour faire plaisir à l’orchestre. Un vrai cadeau, semble-t-il pour les musiciens de l’OSM qui s’en sont donné à cœur joie. Comme l’a dit la personne qui m’accompagnait, on aurait dit la fête au village. Il y a à boire et à manger dans cette œuvre imposante : les dissonances typiques du compositeur, la puissance impressionnante des tutti quanti, l’humour, l’espièglerie et même des envolées lyriques qui, elles, ne sont pas la marque de commerce du grand Béla. Là encore, l’orchestre a livré la marchandise avec générosité en suivant avec allégresse la direction joyeuse et inspiré du chef Piollet. Les spectateurs ont été nombreux à quitter la salle avec le sourire.

Dans la catégorie: Culturel

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